FAJO 2025 : Quand l’Afrique parle à l’Afrique des enjeux de gouvernance juridique et de souveraineté numérique.
Par-delà les enjeux techniques liés à la dématérialisation des textes et de la réglementation, le Forum Africain des Journaux Officiels (FAJO), qui se tiendra les 15 et 16 octobre 2025 à Djibouti, constitue un pas supplémentaire dans le renforcement de la gouvernance juridique de notre continent à travers l’accessibilité aux droits pour les africains et par les africains. En organisant cette première édition, la République de Djibouti ne se contente pas d’ouvrir un espace de réflexion sur la gouvernance institutionnelle : elle affirme une ambition continentale, celle de conjuguer accessibilité, transparence,innovation et souveraineté numérique.
Diplomatie numérique et souveraineté africaine
Dans le paysage diplomatique africain, chaque sommet, chaque initiative internationale est une scène où les États cherchent à projeter leur influence. En organisant le FAJO, Djibouti démontre sa capacité à se positionner non plus seulement comme carrefour maritime et logistique, mais aussi un comme acteur de la gouvernance institutionnelle africaine.
La présence attendue des ministres de la Justice, des Secrétaires généraux des gouvernements, des procureurs et des représentants de l’Union africaine mais également de la société civile africaine confère à l’événement une portée qui dépasse le champ juridique. Djibouti s’offre aujourd’hui une tribune continentale pour affirmer sa vision d’un État africain moderne, capable de proposer des solutions concrètes aux défis de la digitalisation et de l’inclusion.
L’expérience du e-Journal Officiel (e-JO), parmi les vitrines de la transition numérique djiboutienne, souligne l’expertise djiboutienne dans le domaine . Elle devient aujourd’hui un instrument de soft power. En proposant un modèle transposable à d’autres pays, Djibouti veut poser et proposer , loin des sentiers des partenaires une plateforme d’échange et de partage d’expérience et pose les bases d’une une coopération sud sud dans le domaine de la gouvernance juridique .
Le FAJO offre ainsi l’occasion d’échanger de partager les expertises africaines dans la modernisation et la digitalisation, l’archivage numérique, la gestion des archives, la restauration des documents mais aussi dans le domaine de la légistique, tout en créant un cadre permanent de concertation inter-étatique. Les discussions et aussi la possibilité de signerune Charte de coopération attendue lors du Forum pourrait matérialiser cette ambition collective et consolider le rôle et l’ambition de notre pays d’agir en faveur de la construction d’une Afrique plus inclusive et souveraine comme la si bien montré l’accession de mahamoud ali Youssouf a la tête de la commission de l’union africaine .
Au-delà de la modernisation du cadre juridique, le FAJO met au centre une question cruciale : la gouvernance juridique et souveraineté numérique des États africains. Dans un contexte où les évolutions technologiques sont essentielles extérieures et ou la dépendance aux infrastructures étrangères est un risque latent, Djibouti défend l’idée que la maîtrise des données publiques, de l'archivage juridique et des systèmes d’information constitue des piliers de l’indépendance nationaleet de la souveraineté des pays africains .
En plaçant cette réflexion dans un cadre continental, Djibouti envoie un signal fort : il ne s’agit pas seulement de se moderniser, mais de bâtir une mémoire juridique africaine partagée, sécurisée et inter-opérable, capable de résister aux cyber-menaces et aux ingérences extérieures.
Retombées politiques et régionales
Le FAJO 2025 renforcera indéniablement le rayonnement régional de Djibouti. Notre pays hier cantonné au statut de garnison militaire puis de plate-forme logistique régionale se découvre de plus en plus des ambitions continentales et entend davantage se positionner comme un acteur au au sein de l’Union africaine, engagées pour la gouvernance juridique , l’accessibilité au droit et la transparence.
À l’échelle nationale, ce forum consolide l’image d’un État, soucieux de l’accès équitable au droit et de la participation citoyenne. À l’échelle continentale, il ouvre la voie à une Afrique juridique unifiée autour d’outils numériques souverains.
En accueillant ce forum, Djibouti veut démontrer qu’il peut aussi proposer un agenda africain sur des thématiques stratégiques et anticiper des enjeux de long terme. Dans Cette capacité à initier et fédérer, la République de Djibouti veut renforcer la coopération Sud-Sud, dans le domaine de la gouvernance juridique et numérique.
Au final, le FAJO 2025 sera jugé à l’aune de ses résolutions et de la charte qui sera discutée, voire adoptée . Mais son véritable succès résidera ailleurs : dans la manière dont Djibouti aura su transformer un outil administratif en levier de puissance douce, un rendez-vous hautement technique en instrument diplomatique, et une expérience nationale en projet continental.

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