Articles

J-3 avant l’investiture : continuer à construire, ensemble

Image
  L’édito de la Chronique de l’Est   À trois jours de l’investiture du président réélu, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, Djibouti retient son souffle : non pas dans l’incertitude, mais dans une forme de calme lucide. Le moment est important, bien sûr. Mais il ne marque pas une rupture. Il s’inscrit dans une continuité assumée, presque naturelle, celle d’un pays qui a choisi de ne pas se laisser emporter par les turbulences de son environnement. On a beaucoup parlé du bilan. Et à juste titre. Les transformations sont visibles, les avancées sont réelles, et la stabilité du pays, dans une région souvent secouée, n’a rien d’anodin. Mais s’arrêter au bilan serait une erreur. Ce qui se joue aujourd’hui est plus exigeant : il s’agit de savoir ce que nous faisons de cette base, comment nous allons plus loin, et surtout comment faire en sorte que ce qui a été construit profite davantage à tous. Lors du lancement de sa campagne, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh avait posé les mots ...

Chronique djiboutienne : Les réseaux sociaux et nous ?

Image
  Installé au fond de la salle d’une cafétéria historique de la place du 27 juin, à  Djibouti , je regardais défiler sur mon écran une succession de publications où revenaient, comme un refrain, les mêmes mots : appartenance, identité, “eux” contre “nous”. Le café éthiopien fumait encore lorsque je convoquai, presque par réflexe intellectuel,  Pierre Bourdieu . Il s’assit en face de moi, le regard déjà absorbé par cette scène nouvelle ; non plus seulement sociale, mais numérique. — Cher    Bourdieu, dis-je, comment expliquer cette montée du discours de repli identitaire sur les réseaux sociaux ? On a l’impression que chacun se replie sur son groupe, son origine, sa communauté. Il observa mon écran, puis répondit d’un ton posé : — Ce que vous décrivez n’est pas un phénomène entièrement nouveau. Les identités collectives ont toujours été mobilisées. Ce qui change ici, c’est la manière dont elles sont activées, intensifiées et mises en circulation. — Vous voulez di...

L’ère de la fragmentation exportée Comment l’effondrement de la coordination au Moyen-Orient remodèle la Corne de l’Afrique ; et paralyse l’ordre régional

Image
  Par Al-Aghbari   Point de vue Le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP n’est pas, au fond, une question énergétique. C’est un enjeu systémique. Ce qui a pris fin le 1er mai n’est pas simplement la participation des EAU à un cartel de producteurs. C’était l’un des derniers mécanismes fonctionnels par lesquels la puissance moyen-orientale était coordonnée, limitée et rendue intelligible, tant pour les acteurs internes qu’externes. Pendant des décennies, l’OPEP a fait bien plus que réguler la production : elle imposait une discipline face à la divergence, forçant des stratégies nationales concurrentes à s’inscrire dans un cadre commun. Son érosion ( et désormais sa rupture de l’intérieur ) marque une transition profonde dans la politique régionale. Le Moyen-Orient est entré dans ce que l’on peut qualifier d’ère de la fragmentation exportée. Dans cet ordre émergent, les États ne rivalisent plus au sein de frontières institutionnelles médiatrices. Au contraire, ils cherchent ...