L’âge des États indispensables Pourquoi la puissance bascule des empires territoriaux vers les architectures de connectivité ; et ce que Djibouti révèle du monde qui vient
Essai géopolitique Par Naguib Ali Taher Pendant des siècles, la puissance fut d’abord une affaire d’espace. Les empires s’étendaient, les frontières avançaient, les armées dominaient des territoires toujours plus vastes. La force d’un État se mesurait à sa capacité à contrôler la terre, à sécuriser les routes commerciales et à imposer un ordre sur de longues distances. La géographie semblait alors fixer le destin. Cet ordre n’a pas disparu. Mais il ne suffit plus, à lui seul, à organiser le monde. Le système international du XXIe siècle se structure désormais autour d’une réalité moins visible, mais devenue décisive : la circulation. Flux commerciaux, énergétiques, financiers, numériques, logistiques et diplomatiques constituent aujourd’hui l’ossature profonde de la mondialisation. Dans un environnement marqué par la fragmentation stratégique, les rivalités systémiques et les chocs répétés, la question centrale n’est plus seulement de contrôler des territoires, ...