Zeyla, le silence des empires
Perchée au nord-ouest du Somaliland, face au golfe d’Aden, à quelques encablures de la frontière djiboutienne, Zeyla ( ou Zeila, Saylac, selon les sources ) s’étend aujourd’hui dans un silence que seuls le vent et les vagues viennent troubler. Ses pierres, rongées par le sel et la solitude, murmurent pourtant une mémoire dense : celle d’un port qui fut, durant plus d’un millénaire, l’un des poumons commerciaux, spirituels et intellectuels de la Corne de l’Afrique. Bien avant que son nom ne s’impose dans la géographie islamique, Zeyla fut sans doute Avalites : ce comptoir mentionné dans le Périple de la mer Érythrée au Ier siècle de notre ère. Les marchands grecs, arabes et indiens y échangeaient encens, ivoire, or et épices. La côte somalienne formait alors une artère vitale reliant l’Afrique à l’Arabie et à l’Inde, via la mer Rouge et l’océan Indien. Ce port antique préfigure déjà ce que Zeyla deviendra : un carrefour, un entrelacs de routes, un point d’appui des civ...