La nuit du destin d’un peuple
Certaines dates traversent le temps sans perdre de leur éclat. Elles demeurent gravées dans la mémoire des peuples comme des repères indélébiles. Pour les Djiboutiens, la nuit du 26 au 27 juin 1977 appartient à cette catégorie rare d’événements qui dépassent le simple cadre historique pour entrer dans le patrimoine émotionnel d’une nation. Cette nuit-là fut la plus longue de notre histoire. La plus intense aussi. Une nuit suspendue entre deux époques : celle qui s'achevait avec la domination coloniale et celle qui s'ouvrait avec l'accession à la souveraineté nationale. Après les référendums de 1958 et de 1967, qui avaient maintenu le territoire sous administration française, le peuple djiboutien s'apprêtait enfin à prendre en main son destin. À minuit, une page se tournait. Une autre commençait. À l'époque pourtant, nombreux étaient ceux qui prédisaient un avenir sombre au jeune État. Dans la presse française, les analyses sceptiques se multipliaient. En mai 1977,...