Articles

Affichage des articles du mai, 2026

L’ère de la fragmentation exportée Comment l’effondrement de la coordination au Moyen-Orient remodèle la Corne de l’Afrique ; et paralyse l’ordre régional

Image
  Par Al-Aghbari   Point de vue Le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP n’est pas, au fond, une question énergétique. C’est un enjeu systémique. Ce qui a pris fin le 1er mai n’est pas simplement la participation des EAU à un cartel de producteurs. C’était l’un des derniers mécanismes fonctionnels par lesquels la puissance moyen-orientale était coordonnée, limitée et rendue intelligible, tant pour les acteurs internes qu’externes. Pendant des décennies, l’OPEP a fait bien plus que réguler la production : elle imposait une discipline face à la divergence, forçant des stratégies nationales concurrentes à s’inscrire dans un cadre commun. Son érosion ( et désormais sa rupture de l’intérieur ) marque une transition profonde dans la politique régionale. Le Moyen-Orient est entré dans ce que l’on peut qualifier d’ère de la fragmentation exportée. Dans cet ordre émergent, les États ne rivalisent plus au sein de frontières institutionnelles médiatrices. Au contraire, ils cherchent ...

Les deux rives du Détroit : Comment le blocus de l’Iran redessine la géopolitique de la mer Rouge ?

Image
  Par Al-Aghbari Analyse Le blocus naval destiné à étrangler les exportations pétrolières iraniennes n’a que deux semaines, mais la guerre ( qui entre dans sa huitième semaine ) a déjà débordé le golfe Persique. Tandis que Washington et Téhéran éprouvent leurs limites dans les eaux étroites d’Ormuz, le centre de gravité du conflit se déplace vers l’autre grand goulet maritime, la mer Rouge. La ruée simultanée vers des corridors énergétiques terrestres, une manœuvre diplomatique américaine provocatrice dans la Corne de l’Afrique et une Arabie saoudite ostensiblement passive façonnent un paysage stratégique plus instable encore que la crise que le blocus était censé résoudre.  L’impasse d’Ormuz Les exportations iraniennes de brut se sont effondrées sous la barre de 1,8 million de barils par jour ; le stockage près de l’île de Kharg arrive à saturation et les ingénieurs recourent aux rotations de puits et au stockage flottant à bord de pétroliers désarmés : des artifices rodés so...