À Royan, la voix de Djibouti ranime les mémoires oubliées du bataillon somali
Royan, 17 avril 2025. Le ciel est changeant, le vent de l’Atlantique mord les visages et fait claquer les drapeaux. Sur l’esplanade Félix-Marie de Kerimel de Kerveno, les regards sont tournés vers la tribune. Un homme s’avance. Costume sobre, gestes mesurés, voix grave. S.E.M. Ayeid Mousseid Yahya, ambassadeur de Djibouti en France, vient de se lever. Il ne lit pas l’Histoire : il la répare. Dans le silence recueilli des commémorations, ses mots résonnent autrement. Loin des discours convenus, l’ambassadeur convoque une mémoire presque effacée : celle des tirailleurs somalis. Ces soldats venus d’un territoire que l’on appelait alors la Côte française des Somalis, aujourd’hui Djibouti. Ils n’avaient ni les mots ni les cartes. Mais ils avaient marché, combattu, enduré pour libérer Royan en avril 1945. L’ambassadeur ne parle pas de gloire, mais de dignité. Pas de conquête, mais de fraternité. Il évoque ces visages bruns sous les képis, ces mains calleuses agrippées aux fusils, ces r...