Abwan Jigjigaawi , le poète qui transforma ses blessures en chansons
Il est des artistes dont les œuvres survivent à leur nom. Et puis il y a ceux dont le nom finit par devenir une œuvre à lui seul. Ahmed Houssein Kahin, plus connu sous le pseudonyme de Jigjigaawi, appartient à cette catégorie rare. Parolier, dramaturge, comédien et poète, il fut l’une des grandes plumes de l’âge d’or de la chanson djiboutienne d’expression somalie. Derrière des centaines de textes devenus des classiques se cachait un homme discret, rêveur, souvent tourmenté, qui fit de ses blessures intimes une source inépuisable de création. Né en 1948 à Dikhil, Ahmed Houssein Kahin connaît une enfance loin des parcours scolaires classiques. Élève dissipé, davantage attiré par l’horizon marin que par les bancs de l’école, il quitte très tôt le système éducatif, dès le CE1. On raconte qu’il préférait les longues journées passées du côté de la plage de la Siesta, laissant déjà entrevoir ce tempérament de bohème qui marquera toute son existence. Après un bref passage comme apprenti...