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Affichage des articles associés au libellé Mémoire

Abwan Jigjigaawi , le poète qui transforma ses blessures en chansons

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  Il est des artistes dont les œuvres survivent à leur nom. Et puis il y a ceux dont le nom finit par devenir une œuvre à lui seul. Ahmed Houssein Kahin, plus connu sous le pseudonyme de Jigjigaawi, appartient à cette catégorie rare. Parolier, dramaturge, comédien et poète, il fut l’une des grandes plumes de l’âge d’or de la chanson djiboutienne d’expression somalie. Derrière des centaines de textes devenus des classiques se cachait un homme discret, rêveur, souvent tourmenté, qui fit de ses blessures intimes une source inépuisable de création. Né en 1948 à Dikhil, Ahmed Houssein Kahin connaît une enfance loin des parcours scolaires classiques. Élève dissipé, davantage attiré par l’horizon marin que par les bancs de l’école, il quitte très tôt le système éducatif, dès le CE1. On raconte qu’il préférait les longues journées passées du côté de la plage de la Siesta, laissant déjà entrevoir ce tempérament de bohème qui marquera toute son existence. Après un bref passage comme apprenti...

Abwaan Aden Farah Samatar : une voix poétique de Djibouti et l'héritage immortel de « Digasho Waraabe »

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  Feu     Abwaan Aden Farah Samatar (1943–2023) fut l'une des figures majeures de la poésie et de la musique djiboutiennes. Auteur-compositeur, interprète et Abwaan (poète) de renom, il a profondément marqué le patrimoine culturel national par une œuvre où se conjuguent engagement patriotique, conscience sociale et fidélité aux traditions de la poésie orale somalie. Né en 1943 à Ali Sabieh, il passa son enfance et son adolescence entre sa ville natale et Djibouti-ville. Très tôt attiré par les arts, il fit ses premiers pas dans la musique en 1963 en rejoignant le groupe Arreh, l'un des premiers ensembles artistiques modernes de Djibouti. Il poursuivit ensuite sa carrière au sein du célèbre groupe Gacan Macan, contribuant activement à l'essor de la musique nationale. Durant les années 1970, Abwaan Aden Farah Samatar mit son talent au service de la lutte pour l'indépendance de Djibouti. À travers ses chansons et ses poèmes, il exprima les aspirations du peuple djiboutien ...

À Royan, la voix de Djibouti ranime les mémoires oubliées du bataillon somali

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  Royan, 17 avril 2025. Le ciel est changeant, le vent de l’Atlantique mord les visages et fait claquer les drapeaux. Sur l’esplanade Félix-Marie de Kerimel de Kerveno, les regards sont tournés vers la tribune. Un homme s’avance. Costume sobre, gestes mesurés, voix grave. S.E.M. Ayeid Mousseid Yahya, ambassadeur de Djibouti en France, vient de se lever. Il ne lit pas l’Histoire : il la répare. Dans le silence recueilli des commémorations, ses mots résonnent autrement. Loin des discours convenus, l’ambassadeur convoque une mémoire presque effacée : celle des tirailleurs somalis. Ces soldats venus d’un territoire que l’on appelait alors la Côte française des Somalis, aujourd’hui Djibouti. Ils n’avaient ni les mots ni les cartes. Mais ils avaient marché, combattu, enduré pour libérer Royan en avril 1945. L’ambassadeur ne parle pas de gloire, mais de dignité. Pas de conquête, mais de fraternité. Il évoque ces visages bruns sous les képis, ces mains calleuses agrippées aux fusils, ces r...