Articles

Affichage des articles associés au libellé Analyse politique

Djibouti-Éthiopie, l’axe indéfectible de la Corne

Image
  Analyse politique Le soleil de plomb qui écrase les quais des ports de Doraleh ne ralentit jamais vraiment la mécanique du corridor djibouto-éthiopien. Dans le vacarme métallique des grues portuaires, les conteneurs s’empilent avec une précision presque militaire avant de prendre la route des hauts plateaux. Jour et nuit, des convois traversent les régions du Nord et du Sud de Djibouti dans une chorégraphie devenue familière. Ici, au bord du détroit de Bab el-Mandeb, se joue bien davantage qu’un simple échange commercial : c’est une partie de l’équilibre de la Corne de l’Afrique qui se construit au rythme des flux logistiques. Dans une région traversée par les rivalités d’influence, les crises identitaires et les recompositions géopolitiques permanentes, la relation entre Djibouti et l’Éthiopie apparaît comme l’une des rares constantes régionales. Elle a survécu aux changements de régimes, aux guerres régionales, aux tensions diplomatiques et aux ambitions concurrentes des puissa...

Djibouti : une investiture entre continuité politique et ambition de transformation

Image
  Analyse politique     Dans son analyse politique du jour, La Chronique de l’Est décrypte le discours prononcé ce matin par le président Ismail Omar Guelleh lors de la cérémonie officielle de son investiture au Centre international de conférences. À Djibouti, les investitures présidentielles dépassent largement le cadre protocolaire pour s’inscrire comme de véritables moments d’orientation politique et diplomatique. Celle du Chef de l’État,  Ismail Omar Guelleh , organisée ce samedi dans un contexte régional complexe et sous haute attention internationale, en a apporté une nouvelle illustration. Prononcé devant un parterre exceptionnel de dirigeants africains, arabes, asiatiques, européens et d’émissaires d’organisations internationales, le discours d’investiture a pris les allures d’un véritable grand oral politique. À travers une allocution dense, structurée et résolument tournée vers l’avenir, le président djiboutien a fixé les grandes lignes de son nouveau manda...

L’érosion du soft power américain et l’émergence d’un ordre multipolaire sans script

Image
  Analyse Par Naguib Ali Taher   L’ordre international issu de 1945 ne s’effondre pas dans une rupture décisive unique. Il s’érode : progressivement, de manière inégale, mais de façon indéniable. Ce qui rend le moment présent historiquement significatif n’est pas seulement l’ascension de puissances rivales, mais aussi une transformation du comportement même des États-Unis. Pendant des décennies, la primauté américaine reposait sur la combinaison de la puissance militaire, de la centralité économique et d’un atout moins tangible mais tout aussi déterminant : le soft power ; cette capacité à attirer, persuader et légitimer le leadership à travers des institutions, des normes et des valeurs. Or, ce socle est aujourd’hui sous tension. À mesure qu’il s’affaiblit, l’ordre qu’il soutenait cède la place à une configuration plus lâche, moins prévisible et nettement plus contestée. Des chocs récents ont accéléré cette transition. La crise énergétique déclenchée par la frappe américano-i...

Les deux rives du Détroit : Comment le blocus de l’Iran redessine la géopolitique de la mer Rouge ?

Image
  Par Al-Aghbari Analyse Le blocus naval destiné à étrangler les exportations pétrolières iraniennes n’a que deux semaines, mais la guerre ( qui entre dans sa huitième semaine ) a déjà débordé le golfe Persique. Tandis que Washington et Téhéran éprouvent leurs limites dans les eaux étroites d’Ormuz, le centre de gravité du conflit se déplace vers l’autre grand goulet maritime, la mer Rouge. La ruée simultanée vers des corridors énergétiques terrestres, une manœuvre diplomatique américaine provocatrice dans la Corne de l’Afrique et une Arabie saoudite ostensiblement passive façonnent un paysage stratégique plus instable encore que la crise que le blocus était censé résoudre.  L’impasse d’Ormuz Les exportations iraniennes de brut se sont effondrées sous la barre de 1,8 million de barils par jour ; le stockage près de l’île de Kharg arrive à saturation et les ingénieurs recourent aux rotations de puits et au stockage flottant à bord de pétroliers désarmés : des artifices rodés so...