Éthiopie : Notre grand voisin aux urnes ce lundi pour un scrutin historique

 L’Éthiopie, notre grand voisin, va connaître des élections majeures, un rendez-vous crucial inscrit au calendrier du lundi 1er juin 2026. À quelques heures du scrutin, un calme lourd et solennel s’est abattu sur le pays. Depuis le 28 mai à minuit, les haut-parleurs se sont tus et les meetings colorés ont laissé place au grand silence électoral. 



Selon les rapports officiels de la Commission électorale nationale (NEBE), relayés par l’Agence éthiopienne de presse (ENA), la machine est prête pour ce qui est présenté comme les 7èmes élections générales de l'histoire contemporaine du pays. Un saut technologique et logistique inédit pour cette nation de 130 million d'habitants.


Dans les rues d'Addis-Abeba, l'effervescence des derniers mois s'est évaporée pour laisser place à une attente vibrante. Le long des artères de la capitale, les affiches bleues et jaunes du Prosperity Party du Premier ministre Abiy Ahmed côtoient celles des 48 partis d'opposition en lice, suspendues comme des oriflammes au-dessus des trottoirs ensoleillés. Pour ce scrutin, la NEBE a déployé une innovation majeure : le vote numérique. Dans huit grandes villes tests ( dont Addis-Abeba, Adama, Jimma ou encore Bahir Dar ) , les électeurs délaisseront l'encre indélébile et les bulletins en papier au profit d'un système d'enregistrement et de vote entièrement informatisé, développé pour garantir la fluidité et la transparence des résultats. Ailleurs, dans les campagnes verdoyantes et les hauts plateaux, le vote traditionnel manuel restera la norme.


Le pays retient son souffle, plus de 10 400 candidats se disputent les faveurs des urnes pour décrocher un siège à la Chambre des représentants des peuples ou dans l’un des onze conseils régionaux.  


À l’approche du jour J, les forces de sécurité quadrillent les carrefours stratégiques, dressant des points de contrôle discrets mais fermes. Pour le parti P.P , l'enjeu est colossal : obtenir un renouvellement massif du mandat parlementaire afin d'asseoir sa légitimité et, murmurent les observateurs, ouvrir la voie à de vastes réformes constitutionnelles. Pour le citoyen éthiopien, le geste de lundi sera avant tout une quête de stabilité. Entre promesses de modernité numérique et défis sécuritaires, l'Éthiopie s'apprête à tourner, ce 1er juin, une page déterminante de son histoire politique sous les yeux attentifs de toute la Corne de l'Afrique.

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