Décryptage d’après l’article du Dr. Obsieh Ali Djama
La Chronique de l’Est reprend sous l’angle d’une analyse politique d’un article ( paru dans la Nation du 25 10/2025) du Dr. Obsieh Ali Djama, universitaire reconnu et spécialiste du droit public djiboutien. Directeur des études des sciences juridiques et politiques à l’Université de Djibouti, maître de conférences et docteur en droit public de l’Université de Poitiers, le Dr. Obsieh s’impose comme l’une des voix les plus rigoureuses dans l’étude du droit constitutionnel djiboutien. Auteur de plusieurs publications dans des revues de référence et intervenant régulier dans des colloques nationaux et internationaux consacrés au Conseil constitutionnel et aux dynamiques constitutionnelles, il propose ici une lecture lucide et argumentée de la révision de la Constitution de 1992, envisagée non comme une rupture, mais comme un processus de consolidation de l’État de droit et de modernisation institutionnelle.
Dans une analyse profonde et documentée, le Dr. Obsieh Ali Djama, éminent universitaire djiboutien souligne la nécessité et la pertinence de la révision de la Constitution de 1992.
Fort de son expertise en droit public et de ses recherches approfondies sur le droit constitutionnel djiboutien, le Dr. Obsieh présente cette révision comme un exercice salutaire pour la consolidation des institutions nationales et l'approfondissement de l'État de droit.
Cette réflexion, portant sur l'évolution du cadre fondamental de la nation, met en lumière la maturité politique et la stabilité dont fait preuve la République de Djibouti, se distinguant ainsi en Afrique par une approche réfléchie et équilibrée du développement constitutionnel.
Une constitution vivante, reflet d'une nation dynamique
Le Dr. Obsieh établit un principe fondamental : une Constitution n'est pas un document figé, mais un instrument vivant qui doit épouser l'évolution des idées et des valeurs d'une société. « L’évolution des institutions et des lois doit suivre l’évolution des idées et des systèmes de valeur », affirme-t-il. Cette vision progressiste cadre avec la trajectoire de développement que connaît Djibouti, où la modernisation économique et sociale s'accompagne naturellement d'un ajustement des cadres juridiques et institutionnels.
Contrairement à de nombreux pays africains où les Constitutions sont fréquemment remises en cause, la stabilité de la Loi fondamentale djiboutienne depuis 1992 est présentée comme un marqueur d'identité politique forte. Les révisions, lorsqu'elles interviennent, ne sont pas des ruptures, mais des « mécanismes d’ajustement destinés à permettre l’approfondissement du processus démocratique ». Il s'agit donc d'une démarche de consolidation, et non de déconstruction.
Une procédure rigoureuse, garante de la stabilité et de la légitimité
L'analyse détaillée de la procédure de révision (articles 87 et 88 de la Constitution) par le Dr. Obsieh démontre le caractère exhaustif et démocratique du processus. L'initiative, partagée entre le Président de la République et les députés, et l'exigence d'un vote parlementaire suivi, sauf décision contraire du chef de l'État, d'un référendum populaire, instaurent un équilibre des pouvoirs et une recherche de consensus qui sont la marque des régimes apaisés.
L'accent est également mis sur les « limites » au pouvoir de révision. L'interdiction de modifier la Constitution en cas d'atteinte à l'intégrité du territoire, pendant l'intérim présidentiel ou pour remettre en cause la forme républicaine de l'État, constitue un garde-fou essentiel. Ces « normes intangibles » protègent le socle de la nation djiboutienne contre toute dérive et assurent la pérennité de l'édifice institutionnel.
Une vision à long terme pour un développement harmonieux
Le parcours constitutionnel de Djibouti, depuis les lois fondamentales de 1977 jusqu'à l'adoption de la Constitution de 1992 par référendum, est retracé pour illustrer une quête constante de modernisation et de démocratisation. La transition vers un multipartisme encadré et la garantie des droits fondamentaux ont été des étapes cruciales, posant les bases sur lesquelles les révisions ultérieures viennent construire.
Le Dr. Obsieh conclut en insistant sur l'importance de construire et de consolider la démocratie djiboutienne « par la révision de la Constitution dans un contexte de transformation économique et sociale ». Cette approche privilégie un amendement « suffisamment espacé et équilibré » qui préserve « le compromis originel » et les « acquis démocratiques ».
En définitive, l'analyse du Dr. Obsieh Ali Djama offre un éclairage précieux sur la sagesse qui guide l'évolution constitutionnelle à Djibouti. Elle révèle une nation confiante en son avenir, qui aborde la question fondamentale de la réforme de ses institutions avec sérieux, prudence et une volonté farouche de préserver sa stabilité tout en s'adaptant aux défis de son temps. Cette voie, tracée avec rigueur et dans le respect des procédures établies, sert de modèle de maturité politique et de gouvernance éclairée.
Photo : source la Nation

Commentaires