Le leadership climatique de Djibouti ouvre une nouvelle ère de développement vert en Afrique

 Chronique changement climatique 


L'opérationnalisation de l'Article 6 de l'Accord de Paris positionne Djibouti comme un pionnier de la finance carbone sur le continent


 Alors que la communauté internationale intensifie la lutte contre le changement climatique, la République de Djibouti franchit une étape historique en devenant le premier pays africain à mettre en place son cadre national pour l'application de l'Article 6 de l'Accord de Paris. Cette avancée stratégique, annoncée ce vendredi par le ministère de l'Environnement et du Développement durable, consolide la position du pays comme leader climatique sur le continent.



Une vision souveraine et des retombées concrètes


Djibouti démontre une fois encore sa capacité à anticiper les enjeux globaux. Après avoir lancé la première Initiative Carbone Souveraine d'Afrique, le pays poursuit sa trajectoire innovante en se dotant d'un cadre robuste pour les échanges internationaux de crédits carbone. Cette approche visionnaire transforme les défis environnementaux en opportunités économiques tangibles.


Le mécanisme permettra à Djibouti de participer activement au marché des transferts d'unités de réduction d'émissions (ITMOs), tout en préservant ses intérêts nationaux. La traçabilité des transactions et la conformité des ajustements avec les pays partenaires garantissent l'intégrité environnementale et la valeur des actifs carbone djiboutiens.


L'importance de cette initiative dépasse le cadre symbolique. Elle ouvre l'accès à de nouveaux financements climatiques internationaux pour des projets locaux de réduction des émissions ou d'adaptation. Les secteurs de la restauration de la biodiversité et de la transition énergétique bénéficieront directement de ces investissements, créant ainsi un cercle vertueux pour le développement durable.


Comme le souligne le ministère, "ce mécanisme permettra à Djibouti d'attirer des investissements pour des projets à forte valeur environnementale, tout en consolidant sa souveraineté climatique". Cette affirmation reflète la maturité de l'approche djiboutienne, qui allie ambition environnementale et réalisme économique.


 Le parc éolien du Ghoubet, preuve par l'exemple ,… et des perspectives continentales


La crédibilité de cette démarche s'incarne déjà dans le parc éolien du Ghoubet. Certifié selon le standard international Verra, ce projet a permis d'éviter l'émission de 135 000 tonnes de CO₂ et génère désormais des crédits carbone souverains proposés sur les marchés internationaux. Ce succès opérationnel démontre la capacité de Djibouti à concrétiser ses engagements climatiques.


En pionnier de l'Article 6 en Afrique, Djibouti ouvre la voie à une nouvelle approche du financement climatique sur le continent. Son expérience pourrait inspirer d'autres nations africaines soucieuses de valoriser leurs actifs environnementaux tout en contribuant à l'effort global contre le changement climatique.


Alors que la COP30 approche, l'initiative djiboutienne rappelle que l'Afrique peut et doit être actrice de la gouvernance climatique mondiale, plutôt que simple spectatrice. Djibouti montre ainsi la voie d'une transition écologique juste et profitable, où la souveraineté environnementale rime avec le développement économique.




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