Editorial
La journée de jeudi aura offert une illustration saisissante de la manière dont l’exécutif articule, dans un même tempo, action diplomatique, investissements sociaux et priorités sanitaires. Du Palais de la République à Douda, avant une halte stratégique à Damerjog, le Chef de l’État, Ismaïl Omar Guelleh, a enchaîné les séquences, chacune révélatrice des axes de gestion publique privilégiés en cette fin d’année : ouverture internationale, développement du capital humain et consolidation des politiques publiques.
L’entretien accordé au ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, s’inscrit dans une dynamique bilatérale qui prend de l’ampleur depuis plusieurs années. La tenue de la seconde Commission mixte n’est pas un simple rituel administratif : elle façonne des convergences concrètes entre deux États qui partagent une lecture similaire des enjeux de sécurité régionale et de développement économique.
Devant le Président Guelleh, l’émissaire de Kigali a réitéré le message personnel de Paul Kagamé : consolider une relation politique et commerciale déjà dense, mais qui cherche désormais de nouvelles marges de progression. La dizaine d’accords conclus , allant de la coopération judiciaire au commerce en passant par le secteur sportif , dessine un partenariat multisectoriel solide.
Les visites effectuées par le ministre rwandais sur les plateformes portuaires et la nouvelle Zone Franche soulignent un intérêt stratégique majeur : le Rwanda entend exploiter pleinement les 40 hectares qui lui sont attribués, confirmant l’importance de Djibouti comme hub logistique pour un pays enclavé misant sur les corridors économiques régionaux.
Quelques heures plus tôt, à Douda, le Chef de l’État inaugurait l’Académie d’Excellence de Football de Djibouti. Le projet, fruit d’une collaboration avec la FIFA, dépasse la simple ambition sportive : il s’agit d’un investissement structurant dans la jeunesse, pensé comme levier d’épanouissement, de discipline et de visibilité internationale.
Les infrastructures ( stades synthétiques, dortoirs, cuisines, infirmerie, salles de musculation ) répondent aux standards internationaux. La sélection nationale menée dans tout le pays, le rythme de vie encadré et l’intégration des cycles scolaires témoignent d’un modèle pensé par l’exécutif pour allier formation technique et réussite académique.
En saluant une « avancée notable », le Président Guelleh a clairement associé cette nouvelle institution à l’ambition de faire émerger une génération de talents capable de se mesurer sur les scènes continentale et internationale.
La dernière étape a conduit le Chef de l’État à Damerjog, au sein du laboratoire entomologique dédié à la lutte contre le paludisme. L’initiative, fondée sur une technologie visant à empêcher la reproduction du moustique femelle, marque une nouvelle approche dans la politique sanitaire nationale.
Ce déplacement confirme que la santé publique demeure un pilier pour la gouvernance actuelle, soucieuse de réduire durablement l’incidence des maladies vectorielles. En s’appuyant sur l’innovation entomologique, Djibouti s’aligne sur les stratégies scientifiques adoptées dans d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis.
Pris isolément, ces trois temps forts pourraient sembler n’avoir en commun que le calendrier. Ensemble, ils révèlent pourtant une orientation nette : consolider l’ancrage international du pays, investir dans la jeunesse et renforcer les politiques publiques de santé.
Enfin, c’est cette maitrise de l’exécutif à articuler diplomatie, développement et prévention sanitaire qui donne sa cohérence à la trajectoire nationale : un pilotage stratégique assumé, pensé pour la stabilité et la modernisation.
Un cap, une méthode, une ambition : Djibouti qui avance.





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