Washington relance sa médiation sur le Nil, tandis que Riyad reconfigure ses alliances militaires en mer Rouge.
Dans une lettre adressée au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le président américain Donald Trump a proposé de relancer la médiation des États-Unis entre l’Égypte et l’Éthiopie afin de parvenir à un règlement durable du différend sur le partage des eaux du Nil. « Je suis prêt à relancer la médiation américaine entre l’Égypte et l’Éthiopie afin de résoudre de manière responsable et définitive la question du partage des eaux du Nil », a écrit Donald Trump. Il a également souligné que, selon Washington, aucun État de la région ne devrait contrôler unilatéralement les ressources en eau du Nil au détriment de ses voisins.
Parallèlement, le paysage sécuritaire régional connaît une recomposition notable. Selon Bloomberg, l’Arabie saoudite est en phase finale de négociation d’un pacte militaire trilatéral avec l’Égypte et la Somalie, centré sur la sécurité de la mer Rouge et la coopération en matière de défense. Des experts géopolitiques avertissent que cet accord pourrait transformer la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, axes majeurs du commerce mondial, en zones de confrontation armée.
Dans le même temps, Riyad travaillerait à la mise en place d’un second pacte de défense trilatéral avec la Turquie et le Pakistan. Cette information a été confirmée par le ministre pakistanais de la Production de défense, Raza Hayat Harraj. Cet accord intervient quelques mois après la signature entre l’Arabie saoudite et le Pakistan d’un pacte de sécurité et de défense, le SMDA, fondé sur le principe de sécurité collective. Des responsables pakistanais ont laissé entendre que ce cadre pourrait inclure une extension de la dissuasion nucléaire pakistanaise au profit de l’Arabie saoudite.
Sur les réseaux sociaux, certains comptes saoudiens évoquent l’émergence d’un « nouvel axe saoudien » susceptible de s’opposer à Israël, dans un contexte marqué par les conflits au Yémen et au Soudan, avec des implications potentielles pour les chaînes d’approvisionnement américaines et israéliennes dans la région. Selon Forbes, cette multiplication d’alliances traduit un virage stratégique de Riyad vers une logique d’auto-sécurisation et une volonté de réduire sa dépendance traditionnelle vis-à-vis des États-Unis, tout en renforçant ses liens avec Ankara, au risque de compliquer les perspectives de normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël.

Commentaires