Editorial
En réaffirmant, ce jeudi au Palais du Peuple, que la lutte contre la pauvreté et les précarités constitue un volet central et imprescriptible de sa politique, le Président de la République, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, a livré bien plus qu’un message conjoncturel à l’occasion du lancement de la Semaine Nationale de la Solidarité. Il a, en réalité, réinscrit le social au cœur de l’architecture stratégique de l’action publique.
Le Chef de l’État a rappelé une ligne constante de sa gouvernance : le développement économique ne saurait être dissocié de la justice sociale. En posant clairement que « notre pays ne veut pas d’une croissance qui n’irrigue pas la lutte contre la précarité et la pauvreté », le Président Guelleh a réaffirmé une conception inclusive de la croissance, où la performance macroéconomique doit se traduire par des effets tangibles sur les conditions de vie des populations.
Les chiffres présentés lors de la cérémonie viennent étayer cette orientation. Entre 2018 et 2026, le programme des filets sociaux a bénéficié à près de 93.759 ménages, soit plus de 525.000 personnes. Le programme PASS, consacré à l’accès aux soins, a assuré une couverture médicale à plus de 110.000 bénéficiaires. Quant aux Caisses rurales d’épargne et de crédit (CREC), elles ont contribué à l’insertion économique de milliers de jeunes et de femmes, à travers des formations ciblées sur des métiers porteurs.
Au-delà des dispositifs, un élément méthodologique mérite une attention particulière : la mise en place du registre social et l’élaboration d’une véritable cartographie des pauvretés et des précarités. En saluant ce travail, le Président de la République a souligné un tournant dans la manière de concevoir l’action sociale : des politiques publiques fondées sur des données, une connaissance fine des territoires et une meilleure adéquation entre besoins réels et réponses institutionnelles.
La Semaine Nationale de la Solidarité apparaît, dans cette perspective, non seulement comme un rendez-vous symbolique, mais comme un outil de gouvernance sociale. Elle est présentée comme un espace d’écoute, de remontée d’informations et d’ajustement stratégique, permettant à l’État d’affiner ses politiques au plus près des réalités vécues par les citoyens.
La reconnaissance officielle accordée cette année aux Comités de Gestion Communautaire (CGC), désormais partenaires institutionnels des administrations publiques, s’inscrit dans cette logique de territorialisation et de co-construction de la solidarité. Elle traduit une volonté d’ancrer davantage l’action sociale dans les dynamiques locales, tout en consolidant le rôle de l’État comme chef d’orchestre de la cohésion nationale.
En filigrane, le message présidentiel est clair : dans un contexte régional et international marqué par les chocs économiques, climatiques et sociaux, la solidarité n’est pas un supplément d’âme. Elle constitue un pilier stratégique de la stabilité, de l’inclusion et de la durabilité du modèle de développement national.
En réaffirmant cette orientation, le Chef de l’État inscrit la lutte contre les précarités dans le temps long de l’action publique. Une manière de rappeler que la performance d’un État ne se mesure pas uniquement à ses indicateurs macroéconomiques, mais aussi ( et peut-être surtout ) à sa capacité à protéger, inclure et autonomiser les plus vulnérables.







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