Intermodal Africa 2026 : Djibouti, au-delà du hub, l’État stratège

 Éditorial


En accueillant, sous le haut patronage du Chef de l’État, la 35ᵉ édition d’Intermodal Africa 2026, Djibouti n’a pas seulement offert une vitrine à ses infrastructures portuaires et logistiques. Il a rappelé, à travers la voix du Président de la République son excellence M Ismaïl Omar Guelleh, la cohérence d’une trajectoire construite sur la durée : faire du pays un nœud central des échanges, une plateforme multimodale pleinement intégrée aux chaînes de valeur mondiales.


Forum de référence dans l’écosystème maritime, Intermodal Africa réunit des décideurs, opérateurs et experts dont l’expertise dépasse la simple gestion portuaire. Ce sont des architectes de chaînes logistiques, des stratèges de la compétitivité, des acteurs capables de transformer des infrastructures en leviers de croissance. En cela, la tenue de cette rencontre à Djibouti vaut validation internationale d’un positionnement assumé : celui d’un État qui a fait de la mer, de la logistique et des zones franches des piliers structurants de son modèle économique.

Le président Guelleh l’a dit sans détour : le choix renouvelé de Djibouti est une reconnaissance de sa stabilité politique, de son environnement des affaires et de sa vision stratégique. Les ports de Doraleh, Damerjog, Tadjourah et Ghoubet, adossés à des zones franches modernes, forment désormais un écosystème intégré, calibré pour absorber la montée en puissance du transit régional et des flux mondiaux. Ce n’est plus une addition d’infrastructures, mais une architecture logistique pensée comme un tout.



Au-delà du maritime, le message présidentiel élargit le cadre : Djibouti ne se contente plus d’être un hub portuaire. Il ambitionne d’être un pôle de redistribution d’énergie et un carrefour des télécommunications. Dans un monde où la compétitivité repose sur l’accès sécurisé à l’énergie et aux données, le pays cherche à se positionner comme plateforme de création de valeur, là où se croisent commerce, industrie, énergie et innovation. Cette diversification n’est pas cosmétique : elle vise à inscrire Djibouti dans les nouvelles géographies de la puissance économique.


Les retombées potentielles de cet événement dépassent la seule visibilité internationale. Intermodal Africa 2026 ouvre des perspectives concrètes en matière d’attraction d’investissements, de partenariats public-privé, de modernisation des chaînes logistiques et de création d’emplois qualifiés. Il peut aussi accélérer le transfert de savoir-faire, renforcer l’intégration régionale et consolider la place de Djibouti comme point d’entrée privilégié vers les marchés de la Corne de l’Afrique et de l’hinterland africain.


Mais au fond, l’enjeu est politique autant qu’économique. En se posant comme hub stratégique, énergétique et numérique, Djibouti ne cherche pas seulement à capter des flux : il affirme une capacité à peser sur les routes, les réseaux et les décisions. Intermodal Africa 2026 consacre ainsi une réalité : dans la géopolitique des échanges, Djibouti n’est plus un simple point de passage, il entend devenir un acteur qui fixe les règles du transit. Et dans une région où la logistique est devenue un instrument de puissance, cette ambition vaut aussi comme message politique.

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