Chronique du jour
Ce jeudi, sous le soleil de Douda, ce n’est pas seulement une académie de football qui a été inaugurée. C’est un manifeste, une preuve tangible d’une ambition présidentielle : celle d’un Djibouti qui croit en sa jeunesse, non comme une promesse abstraite, mais comme un levier concret de développement national.
L’Académie d’Excellence de Football de Djibouti, bâtie en partenariat avec la FIFA, est bien plus qu’un complexe sportif flambant neuf. C’est une école de vie, un incubateur de rêves et de discipline, une réponse structurée à cette génération montante qui cherche à conjuguer passion et avenir. Dans un pays où le sport a toujours occupé une place chère dans le cœur des jeunes mais attendait d’être pleinement structuré, cette inauguration marque une étape décisive : le sport devient désormais une priorité affirmée de l’action publique, un outil d’épanouissement, de cohésion et d’excellence pour toute une génération.
Quarante jeunes, filles et garçons, forment la première promotion. Sélectionnés dans tout le pays, ils représentent l’avenir du football djiboutien. Leur encadrement, strict mais bienveillant, allie entraînement technique et scolarité complète. Ce choix d’une formation intégrée est stratégique : il s’agit de former des citoyens autant que des athlètes, des jeunes conscients de leur potentiel et de leurs responsabilités. C’est aussi une manière subtile de lutter contre la déperdition scolaire, en offrant à la jeunesse une alternative motivante et structurée.
En remerciant la FIFA pour son appui, le chef de l’État a souligné une vérité essentielle : la crédibilité internationale de Djibouti s’affermit à mesure qu’elle investit dans ses talents. Car le partenariat n’est pas qu’un transfert de moyens ; il est aussi une reconnaissance. La FIFA ne s’associe pas à n’importe qui : elle s’engage avec des États qui ont une vision claire, une gouvernance stable et une stratégie durable pour le sport et la jeunesse.
Les sceptiques parleront peut-être d’un projet vitrine. Mais à y regarder de près, cette académie est tout sauf cosmétique. Elle est le fruit de quatre années de travail, d’une planification méthodique et d’une volonté politique affirmée. Dans un environnement régional souvent marqué par les crises et les improvisations, Djibouti choisit la constance, la formation, la discipline. C’est un choix de civilisation, presque.
Cette inauguration à Douda, c’est donc aussi une image forte : celle d’un pays qui se relève par la connaissance et la rigueur, qui façonne son avenir par l’effort et la foi en soi. L’Académie d’Excellence de Football n’est pas seulement une infrastructure ; elle est un symbole. Celui d’une nation qui ne se contente plus de rêver de réussite, mais qui s’en donne les moyens.
Et quand le président Guelleh affirme que ce centre « contribuera au bien-être et à l’épanouissement de notre jeunesse », il ne parle pas en politicien, mais en stratège. Il sait que le sport, lorsqu’il est structuré, devient une école de valeurs : respect, persévérance, esprit d’équipe. Autant de qualités dont le pays a besoin pour construire la génération de demain.
À Douda, ce jeudi, Djibouti a prouvé qu’elle ne joue plus en défense. Elle construit son avenir balle au pied, et tête haute.



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