Réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies – Lundi 29 décembre 2025, New York
Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni en session d’urgence, lundi 29 décembre 2025, à la demande de la Somalie, pour examiner les conséquences politiques, juridiques et sécuritaires de la reconnaissance par Israël de la République autoproclamée du Somaliland. Une décision unilatérale qui a immédiatement provoqué une onde de choc diplomatique, bien au-delà de la Corne de l’Afrique.
Depuis sa déclaration d’indépendance en 1991, le Somaliland n’a jamais été reconnu par la communauté internationale, celle-ci réaffirmant de manière constante l’unité et l’intégrité territoriale de la Somalie. La décision israélienne rompt avec ce consensus et pose, aux yeux de nombreux membres du Conseil, un précédent lourd de risques pour l’ordre international fondé sur des règles.
Au cours de la séance, plusieurs délégations ont dénoncé une reconnaissance jugée contraire au droit international et aux principes consacrés par la Charte des Nations unies. Le cœur du débat a porté sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, pilier central du système multilatéral depuis 1945.
La Somalie, directement concernée, a averti que cette initiative menaçait non seulement son unité nationale, mais également l’équilibre fragile de la Corne de l’Afrique, une région déjà marquée par des tensions sécuritaires, des conflits prolongés et des enjeux géopolitiques majeurs.
La Chine a, pour sa part, réaffirmé une opposition sans ambiguïté, rappelant que le Somaliland demeure juridiquement partie intégrante du territoire somalien et appelant à une stricte fidélité aux principes du droit international.
Les États-Unis ont adopté une position plus nuancée, défendant le droit souverain de chaque État à conduire sa politique étrangère, tout en précisant qu’aucun changement n’était intervenu dans la position officielle américaine sur le statut du Somaliland.
Prenant la parole sous l’agenda « Menaces contre la paix et la sécurité internationales », Djibouti a livré une intervention particulièrement ferme. L’ambassadeur de Djibouti aux États-Unis et représentant permanent auprès des Nations unies, Mohamed Syad Doualeh, a rappelé que « la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie doivent être pleinement respectées ».
Pour le diplomate djiboutien, toute reconnaissance unilatérale d’une région sécessionniste constitue une violation du droit international et un facteur direct de déstabilisation régionale. Il a invoqué à la fois la Charte des Nations unies et l’Acte constitutif de l’Union africaine, qui consacrent le respect des frontières héritées comme fondement de la paix et de la stabilité internationales.
Dans une déclaration sans détour, Mohamed Syad Doualeh a qualifié la reconnaissance du Somaliland de « faux contrat », né de « l’extrême détresse d’un groupe » s’en remettant à « une puissance occupante peu soucieuse de ses obligations en matière de droit international », allant jusqu’à accuser cette dernière d’avoir « déchiré en lambeaux la Charte des Nations unies ».
Au-delà du cas du Somaliland, la réunion du 29 décembre révèle une inquiétude plus large : celle d’une érosion progressive des principes multilatéraux face à des décisions unilatérales motivées par des calculs stratégiques. Pour plusieurs membres du Conseil, laisser prospérer ce type d’initiatives reviendrait à ouvrir la voie à d’autres reconnaissances sélectives, susceptibles de raviver des conflits gelés ou d’alimenter de nouvelles revendications séparatistes.
À l’issue de la séance, aucun texte formel n’a été adopté. Les membres du Conseil ont toutefois convenu de poursuivre les consultations, tant au sein de l’organe qu’à travers des échanges bilatéraux, afin d’évaluer les suites à donner à cette affaire sensible.
Dans les couloirs de l’ONU, une conviction semble partagée : la question du Somaliland dépasse désormais le cadre somalien. Elle s’impose comme un test de crédibilité pour le Conseil de sécurité et pour sa capacité à défendre, avec cohérence, les principes qu’il est chargé de garantir.


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