AMINA FARAH, UNE VOIX HORS DU COMMUN

 Portrait 


Amina Farah Wabar n’est pas une chanteuse comme les autres. Elle appartient à une autre catégorie, plus rare, plus exigeante : celle des icônes culturelles. De ces voix qui traversent le temps, façonnent l’imaginaire collectif et imposent le respect bien au-delà des scènes et des générations.


Ses premiers pas artistiques, Amina les fait dans l’un des registres les plus complexes de la musique somalie : le Balwo. Peu d’artistes osent s’y aventurer tant l’exercice est périlleux. Le Balwo, aussi appelé Raheyeh, reconnaissable à son refrain emblématique « Lilalow », est né au début du XXᵉ siècle à Zeilah. Cette musique intimiste, portée par le oud et la tambourine, a été popularisée par des figures majeures, dont le légendaire Hodeidi, maître du qaaci et guitariste hors pair, que beaucoup évoquent encore avec déférence.



D’autres géants de la composition, tels qu’Abdi Sinimo ou Ahmed Saleban Bideh, ont contribué à libérer le Balwo de son berceau côtier ( Zeilah, Berbera, Djibouti ) pour l’emmener vers l’intérieur des terres, au cœur des territoires de chameliers, là où la parole chantée épouse la rudesse et la poésie du quotidien pastoral.


C’est dans cet héritage exigeant qu’Amina Farah s’inscrit avec une aisance déconcertante. Talent pur, voix inégalée, elle est cette diva qui a su sublimer la campagne avant l’heure, lui donner une dignité sonore, une profondeur émotionnelle rarement atteinte. Chez elle, rien n’est artificiel : la voix porte, élève, rassemble.


Amina Farah ne chante pas, elle emporte. Elle conduit l’auditeur vers des sommets d’émotion où le temps semble suspendu. Pour les mélomanes, l’extase est au rendez-vous, toujours. Quand le talent a voix au chapitre, il ne produit qu’une chose : le bonheur partagé.


Comme disait le poète “ Amina Farah , c’est un patrimoine culturel !” 

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