Djibouti entame l’année 2026 entre résilience économique et fermeté géopolitique

Chronique politique 



En ce début d’année 2026, Djibouti avance à contre-courant d’un environnement régional de plus en plus chaotique. Mer Rouge militarisée, Bab el-Mandeb sous pression, recompositions géopolitiques accélérées entre puissances rivales : rares sont les États de la région capables d’afficher une trajectoire lisible. Djibouti en fait partie. Et ce n’est pas le fruit du hasard.


Sous le leadership du président Ismaïl Omar Guelleh, le pays continue de capitaliser sur un choix stratégique fondamental : la stabilité comme condition première du développement. Là où d’autres cèdent aux logiques de surenchère, Djibouti persiste dans une ligne de modération diplomatique, d’ancrage multilatéral et de respect strict du droit international. Cette posture n’a rien de passif. Elle est au contraire le socle d’une crédibilité régionale qui protège les intérêts nationaux dans un espace maritime devenu central pour les équilibres mondiaux.




La constance diplomatique s’est doublée, au fil des années, d’une consolidation économique mesurable. En dépit des chocs externes, l’économie djiboutienne poursuit sa dynamique, soutenue par des investissements structurants, une modernisation continue des infrastructures et une affirmation du rôle logistique du pays dans les échanges régionaux et internationaux. Le pari de long terme , faire de la position géographique un avantage compétitif durable , continue de produire ses effets.


Cette résilience économique n’est pas dissociable d’un cadre institutionnel maîtrisé. Djibouti a fait le choix de la continuité politique comme rempart contre l’instabilité chronique observée ailleurs. Les échéances électorales successives se sont inscrites dans cette logique : préserver la stabilité institutionnelle tout en assurant la participation citoyenne et le respect des règles républicaines. Pour les djiboutiens , ce modèle a fait ses preuves. Il a permis d’éviter les ruptures brutales et de maintenir un cap stratégique clair dans un environnement hostile.


Mais le pouvoir n’ignore pas ses défis internes. Le chômage, notamment celui des jeunes, demeure un enjeu central. Là encore, la réponse s’inscrit dans la durée : soutien à l’entrepreneuriat, développement de la formation professionnelle, orientation vers une économie plus productive. La jeunesse est pensée non comme une variable d’ajustement politique, mais comme un levier de compétitivité nationale. Encore faut-il que les dispositifs suivent le rythme des attentes.


Autre front désormais pleinement intégré dans l’agenda politique : le numérique. Djibouti ne se contente plus d’en voir les opportunités économiques. Le pays prend acte des risques liés au désordre informationnel, à la manipulation des opinions et aux tentatives de fragmentation sociale par les réseaux. Dans un contexte de guerre informationnelle régionale, la défense de la cohésion nationale passe aussi par la promotion d’un usage responsable et éthique du numérique. C’est un tournant raisonné , encore discret, mais structurant.


En 2026, le fil conducteur du pouvoir reste inchangé : préserver ce qui unit la société djiboutienne. Le vivre-ensemble, forgé par l’histoire et la diversité, est revendiqué comme une richesse politique à part entière. Paix sociale, tolérance et respect mutuel ne sont pas seulement des slogans ; ils constituent des facteurs de stabilité dans une région où les fractures identitaires sont souvent instrumentalisées.

 Enfin, une réalité s’impose : le leadership du président  Guelleh a ancré Djibouti dans une trajectoire de prévisibilité et de résilience rare dans la Corne de l’Afrique. Le débat sur le rythme des réformes sociales et économiques reste légitime. Mais sur l’essentiel , la stabilité, la souveraineté et la cohésion nationale , le cap ne dévie pas. En 2026, la République de Djibouti ne fait pas de bruit : elle tient, elle avance, elle dure.

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