Gouvernance et numérique , le FIGE en conclave à Djibouti

 


Le 13e Colloque International du Forum des Inspections Générales d’État d’Afrique (FIGE) s’est ouvert ce mardi à l’Hôtel Kempinski , à l’occasion du 20e anniversaire de cette organisation panafricaine dédiée à la promotion de la bonne gouvernance. Les travaux, qui se poursuivront jusqu’au 5 février, réunissent près de 80 experts venus de plusieurs pays africains autour de la thématique de l’impact des nouvelles technologies sur le contrôle public.


Dans son allocution d’ouverture, M. Hassan Issa Sultan, Inspecteur Général d’État de Djibouti et Secrétaire Exécutif du FIGE, est revenu sur la genèse et l’évolution du Forum. Il a rappelé que le FIGE est né d’une volonté de promouvoir une expertise africaine endogène en matière de contrôle et de gouvernance. « Le FIGE est né d’une conviction forte : l’Afrique doit bénéficier d’une réflexion portée par ses propres experts », a-t-il déclaré, présentant l’organisation , qui regroupe aujourd’hui 27 institutions membres , comme une plateforme de coopération et d’échange devenue un interlocuteur reconnu dans le domaine de la bonne gouvernance.


Plaçant la transformation numérique au cœur des priorités actuelles, M. Hassan I. Sultan a souligné que ce colloque se veut un espace de réflexion stratégique et d’élaboration de solutions concrètes. Il a mis en avant le potentiel de l’intelligence artificielle pour renforcer les capacités des institutions de contrôle, tout en appelant à l’instauration de cadres rigoureux garantissant l’éthique, la protection des données et la souveraineté numérique des États.




Prenant la parole à son tour, M. João Manuel Francisco, Inspecteur Général de l’Administration de l’État de l’Angola et Président du Comité Directeur du FIGE, a insisté sur la nécessité d’adapter les mécanismes d’audit et de contrôle aux mutations technologiques en cours. Il a appelé les membres à tirer pleinement parti des opportunités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle afin de renforcer l’efficacité des audits et la protection des deniers publics. Il a également annoncé que la 16e réunion du Comité Directeur examinerait les rapports d’activités et financiers au titre de l’année 2025.


 La cérémonie d’ouverture a également été marquée par des messages de soutien de plusieurs chefs d’État africains, témoignant de la portée continentale du Forum. Par visioconférence, Son Excellence M. Tiémoko Meyliet Koné, Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, lisant le message du Président de la République, Son Excellence M. Alassane Ouattara, a salué le rôle stratégique du FIGE et de son institut de formation basé en Côte d’Ivoire dans le renforcement des capacités des inspecteurs d’État à l’échelle du continent, tout en souhaitant plein succès aux travaux du Colloque.


Le Président de la République du Sénégal, Son Excellence M. Bassirou Diomaye Faye, est également intervenu par message vidéo, mettant l’accent sur la dimension prospective et structurante de cette initiative. Il a rendu un vibrant hommage au Président Ismaïl Omar Guelleh pour sa vision et son leadership, qui ont permis à Djibouti d’emprunter résolument la voie du développement et de s’imposer comme un acteur de référence sur la scène continentale.


Il a, en outre, souligné que la célébration du 20e anniversaire du FIGE s’inscrit dans une dynamique tournée vers l’avenir, fondée sur la consolidation d’institutions africaines fortes, modernes et responsables, appelant à l’adoption de recommandations concrètes et opérationnelles à l’issue des travaux.


Le Président Guelleh appelle à un encadrement du numérique


L’allocution de clôture de la cérémonie d’ouverture a été prononcée par Son Excellence M. Ismail Omar Guelleh, Président de la République  et Haut Patron de l’événement. Le Chef de l’État a présenté la révolution numérique comme un levier majeur de modernisation de l’action publique, susceptible d’améliorer la détection des irrégularités, la traçabilité des fonds et l’évaluation des politiques publiques. Il a toutefois mis en garde contre les risques liés à une utilisation non maîtrisée des technologies, notamment en matière de cybercriminalité et de manipulation des données.


 À ce titre, le Président Guelleh a appelé à l’adoption de cadres juridiques adaptés et à une coordination renforcée entre les institutions, afin d’assurer une intégration sécurisée et responsable du numérique dans les dispositifs de contrôle. Il a également souligné l’expérience de Djibouti, engagée dans des investissements en infrastructures numériques et des réformes de modernisation administrative, avec pour objectif de bâtir un État plus efficace, transparent et tourné vers l’avenir.


Il est à noter également que les membres du Gouvernement, dont le Premier Ministre M. Abdoulkader Kamil Mohamed et le Président de l’Assemblée nationale, M. Dileita Mohamed Dileita, ont pris part à cet événement.


Enfin , les travaux du 13ᵉ Colloque International du FIGE se poursuivront jusqu’au 5 février et devraient déboucher sur des recommandations opérationnelles visant à renforcer durablement les capacités des institutions supérieures de contrôle du continent face aux enjeux de la transformation numérique. En conclusion de son allocution, le Président Guelleh a résumé l’enjeu central de ces assises en ces termes :

« L’appropriation souveraine des technologies numériques n’est pas une option pour l’Afrique, c’est une condition de notre efficacité institutionnelle, de notre transparence et de notre avenir. »








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