Financement du logement abordable : une réforme graduelle sous pilotage stratégique

 


Un processus engagé, évalué et assumé


Réunis le 3 mars 2026 autour du MEFI M Ilyas Moussa Dawaleh , le Gouverneur de la Banque centrale M Ahmed Osman , la Ministre de la Ville Mme Amina Abdi et les dirigeants des établissements bancaires ont dressé un état des lieux sans complaisance du mécanisme de garantie hypothécaire lancé en juin 2023.


Le rappel chronologique structure l’action publique : lancement du dispositif en 2023, première évaluation en juillet 2024, nouvelle étape en mars 2026. La méthode revendiquée est progressive ( évaluation, adaptation, consolidation ) avec un pilotage assuré au plus haut niveau de l’État.


Le constat est lucide. Le potentiel du mécanisme est reconnu, mais son niveau d’utilisation reste en deçà des attentes initiales. Le questionnaire adressé par la Banque centrale en décembre 2025 a permis d’identifier des contraintes objectives : niveau d’endettement des ménages, exigence d’apport personnel, maturité limitée des ressources bancaires pour financer des crédits de long terme.

Message central : agir sur la base des faits, non des intentions.




Une décision structurante et une responsabilité partagée


Face à ces enseignements, le ministre a annoncé une mesure structurante : la levée de la garantie silencieuse au profit d’un engagement plus explicite et plus visible de l’État. L’objectif est double : renforcer la transparence et sécuriser davantage les acteurs financiers.


Cette évolution s’inscrit dans une logique de réformes graduelles, susceptibles d’ajustements évolutifs. Elle ne constitue ni une rupture ni une contrainte administrative, mais une clarification des responsabilités.


L’État se positionne comme partenaire stratégique du secteur bancaire. Les ressources publiques placées dans le système contribuent à sa liquidité et à sa stabilité ; il est donc légitime d’attendre une cohérence entre cette liquidité et les priorités nationales, au premier rang desquelles figure le logement abordable.


La mobilisation du crédit relève d’une responsabilité collective. Le principe avancé est celui de la cohérence économique : aligner stabilité financière et impératifs sociaux sans fragiliser l’équilibre du secteur.



Le logement, levier de cohésion et moteur de croissance


Au-delà de la dimension sociale, le logement est présenté comme un levier économique structurant. Il stimule l’investissement, génère de l’emploi, dynamise le secteur immobilier et contribue à l’élargissement de la classe moyenne.


Pour illustrer la viabilité du modèle, le ministre a cité l’exemple du Fonds de Garantie de Djibouti(FOGAD). Engagé historiquement dans l’accompagnement des MTPME/MTPMI, le fonds a traité 357 opérations pour un volume d’environ 1,5 milliard de francs djiboutiens. Une démonstration que le mécanisme de garantie peut produire des résultats concrets lorsqu’il est correctement calibré.


La prochaine phase reposera sur un renforcement du partenariat public-privé et une coordination accrue entre le FOGAD, l’ARULoS, la Banque centrale et les établissements bancaires. Le pilotage restera évolutif, avec un impératif constant : préserver la stabilité financière tout en élargissant l’accès à la propriété.

L’objectif demeure inchangé : permettre aux ménages à revenus bas et intermédiaires d’accéder durablement à la propriété dans des conditions soutenables, tout en consolidant la cohésion sociale et la dynamique de développement économique du pays.





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