Le maire a reçu en visite de courtoisie M. Mohamed Farah Samatar , l'exemplarité pour étendard

 


Le maire de la capitale M Said Daoud a reçu en visite de courtoisie et amicale M Mohamed Farah Samatar , candidat du CDU de la dernière élection présidentielle en présence de l’honorable Ali Abdi Farah .


Au-delà de cette retrouvaille amicale entre de vieux amis, M. Said a salué M. Mohamed Farah alias Khaireh pour son exemplarité. Cette rencontre, en apparence anodine dans le ballet des mondanités politiques de la cité, revêt une portée symbolique bien plus profonde. Elle met en scène, dans le bureau de l’édile, deux figures incarnant la diversité et, surtout, la maturité du paysage politique djiboutien. D’un côté, M. Said Daoud, figure établie depuis 40 ans du Rassemblement Populaire pour le Progrès (RPP), le parti au cœur de la majorité présidentielle. De l’autre, M. Mohamed Farah Samatar, président du Congrès Démocratique Unifié (CDU), formation ancrée dans l’opposition. Loin des tensions qui émaillent souvent les périodes post-électorales sur le continent, cet échange cordial entre un pilier du pouvoir local et un leader de l’opposition offre l’image rafraîchissante d’un esprit républicain où le dépassement des clivages partisans se fait au nom de l’intérêt supérieur et de la courtoisie démocratique.


Si la visite à la mairie a été l’occasion de célébrer une amitié personnelle de longue date, elle a surtout permis de braquer les projecteurs sur la posture politique singulière incarnée par M. Mohamed Farah Samatar tout au long de la séquence électorale du 10 avril dernier. Dans un environnement politique où la véhémence et la polarisation peuvent parfois prendre le pas sur le débat d’idées, le candidat du CDU a tracé un sillon remarqué, celui d’une opposition résolument institutionnelle et apaisée.



La campagne de M. Mohamed Farah s’est distinguée par son refus systématique des discours de division, des invectives personnelles ou des appels à la haine. Son équipe de campagne et lui-même ont mis un point d’honneur à présenter un programme politique structuré, articulé autour de propositions pour le développement économique et la gouvernance, plutôt que de céder à la tentation d’un populisme électoral souvent ravageur. Dans les meetings comme dans les médias, le ton est resté celui du respect scrupuleux envers son adversaire et de l’opinion nationale.


Cette éthique de responsabilité a trouvé son point d’orgue au soir de la proclamation des résultats par l’Autorité chargée de l’organisation des élections. Alors que l’attente des résultats est souvent un moment de crispation nationale, M. Mohamed a posé un acte politique fort et rare : la reconnaissance rapide et sans ambiguïté de sa défaite. Plus encore, il a adressé ses félicitations républicaines au président réélu, M. Ismail Omar Guelleh, tout en saluant le travail accompli par les institutions en charge du scrutin. Dans un contexte régional où la contestation des urnes dégénère fréquemment en crises durables, cette attitude constitue un exemple notable de sens de l’État. Elle témoigne d’une conscience aiguë que la stabilité des institutions prime sur les ambitions personnelles ou partisanes, une leçon de maturité démocratique qui force le respect, y compris chez ses adversaires politiques, comme en a témoigné l’hommage appuyé du maire Said Daoud.


L’attitude de M. Mohamed Farah et du CDU invite à une relecture plus fine de la cartographie politique djiboutienne, notamment en ce qui concerne la notion d’« opposition constructive ». Ce positionnement, qui consiste à critiquer l’action gouvernementale tout en respectant le cadre institutionnel et en participant au dialogue national, contraste avec d’autres formes de radicalité. Il rappelle que l’opposition n’est pas un bloc monolithique.


Ce que révèle la rencontre à la mairie de Djibouti, mise en perspective avec le parcours du candidat CDU, c’est l’émergence d’une culture politique où le dialogue n’est plus perçu comme une compromission mais comme une condition de la stabilité. L’honorable Ali Abdi Farah, présent à cette entrevue, incarne d’ailleurs cette génération de responsables pour qui les relations humaines transcendent les étiquettes partisanes au service de la cohésion nationale.


La visite de M. Samatar au maire Said Daoud, au-delà de l’anecdote amicale, est un révélateur des mutations profondes de la pratique politique à Djibouti. Elle consacre une évolution significative : la légitimité du débat contradictoire n’exclut plus le respect mutuel entre les acteurs, même lorsqu’ils campent sur des rives opposées du spectre partisan.



Enfin, l’exemplarité saluée par le maire n’est pas simplement une politesse ; elle est la reconnaissance d’un cap franchi vers une démocratie apaisée où l’on peut perdre une élection sans perdre la face ni menacer l’édifice national. Si le chemin vers une consolidation démocratique pleine et entière est encore long et parsemé de défis, des gestes comme celui posé par Mohamed Farah Samatar contribuent à forger une tradition précieuse : celle du respect inconditionnel des institutions, du dialogue politique permanent et de la primauté de l’intérêt supérieur de la Nation sur les querelles de chapelle. C’est sur ce terreau de civisme et de responsabilité que se bâtit, pierre après pierre, la maturité politique de Djibouti.



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