CNIPLC-Douane : un front commun contre la corruption
À l’heure où Djibouti renforce son arsenal juridique pour faire face aux défis de la gouvernance publique, la sensibilisation des administrations apparaît comme l’un des leviers essentiels de la stratégie nationale de prévention de la corruption. C’est dans cette dynamique qu’une délégation de la Commission nationale indépendante pour la prévention et la lutte contre la corruption (CNIPLC) a animé, lundi 22 juin, un atelier de sensibilisation destiné aux responsables et agents de la Direction générale des Douanes et Droits indirects.
Conduite par Hamza Abdi Aden, directeur des Investigations et de la Déclaration de patrimoine, la délégation comprenait également Yacin Said Chireh, directeur de l’Éducation et de la Recherche, ainsi que Kamil Ahmed Kamil, chef du Service de la Coopération internationale. Face aux cadres, responsables opérationnels et chefs de brigades de l’administration douanière, les représentants de la Commission ont présenté les principales innovations introduites par la loi n°103/AN/24/9ᵉ L relative à la prévention et à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, adoptée en mars 2024.
Cette réforme constitue une étape majeure dans l’évolution du dispositif national de lutte contre la corruption. Le nouveau texte élargit le champ des infractions réprimées en intégrant notamment le trafic d’influence, le favoritisme, les conflits d’intérêts, l’octroi de cadeaux et avantages indus ainsi que les pratiques corruptives liées aux marchés publics. Autant de mécanismes susceptibles de fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions et de porter atteinte à l’efficacité de l’action publique.
Mais la philosophie de la loi dépasse largement le seul cadre répressif. Les intervenants de la CNIPLC ont insisté sur l’importance des mesures préventives, désormais placées au cœur de l’approche nationale. Le texte clarifie les prérogatives de la Commission, renforce les mécanismes de coopération entre les institutions concernées et consolide les dispositifs de collaboration internationale, notamment en matière de traque et de recouvrement des avoirs illicites.
Les échanges ont révélé un intérêt marqué des participants pour les enjeux liés à l’intégrité dans l’exercice des missions douanières. Les responsables de la Direction générale des Douanes et les chefs de brigades ont pris part activement aux discussions, multipliant les questions sur les situations à risque, les mécanismes de prévention et les procédures de signalement. Une participation qui témoigne de la volonté de l’institution de promouvoir une culture de transparence et de responsabilité dans un secteur particulièrement exposé aux tentatives de fraude et de corruption.
Au-delà de la présentation juridique, l’atelier a permis de rappeler le rôle central de chaque agent public dans la protection de l’intérêt général. Les participants ont été sensibilisés aux bonnes pratiques professionnelles permettant d’identifier, prévenir et signaler les comportements contraires à l’éthique, tout en contribuant au renforcement de la confiance entre l’administration et les citoyens.
La rencontre s’est achevée sur un constat partagé : la lutte contre la corruption ne peut produire des résultats durables qu’à travers une coopération étroite entre les institutions nationales. Pour la CNIPLC comme pour la Douane, la prévention, la détection et la répression des actes de corruption exigent une mobilisation collective et permanente.
Dans un contexte où les exigences de transparence et de redevabilité occupent une place croissante dans les politiques publiques, cette initiative illustre la volonté des autorités de faire de l’intégrité un pilier de la gouvernance nationale. Un message clair a ainsi été adressé aux participants : la corruption n’est pas une fatalité, mais un phénomène qui peut être combattu efficacement par la vigilance, le respect des règles et l’engagement de tous.





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