#Djibouti protège son pouvoir d’achat malgré la hausse du gasoil

 Le gouvernement  a annoncé jeudi une révision à la hausse du prix du litre de gasoil, mesure rendue nécessaire par la persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs répercussions directes sur les marchés énergétiques mondiaux. Cette décision, présentée comme un arbitrage responsable entre la réalité internationale et la protection des citoyens, a été détaillée par le ministre de l’Energie chargé des Ressources naturelles, Dr Djama Mohamed Hassan.

Lors d’une intervention solennelle retransmise par la Radiotélévision de Djibouti (RTD), le ministre a indiqué que le litre de gasoil passerait désormais de 205 à 285 francs djiboutiens. Cette hausse, la première depuis plus de trois mois, intervient après une longue période durant laquelle l’État a joué un rôle d’amortisseur social grâce à un important mécanisme de subvention.



« Le gouvernement a absorbé pendant plusieurs mois les effets de la hausse des cours internationaux afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens », a expliqué Dr Djama Mohamed Hassan depuis son cabinet à Energia Park, soulignant la volonté constante des autorités de protéger les ménages et les acteurs économiques.


Selon le ministre, la poursuite des tensions régionales au Moyen-Orient, couplée aux perturbations du commerce maritime international, a rendu cette politique difficilement soutenable pour les finances publiques. Ces facteurs externes, sur lesquels Djibouti n’a aucune prise, alimentent mécaniquement la hausse des coûts d’approvisionnement en produits pétroliers.


Malgré cette révision tarifaire, le ministre a tenu à rassurer l’opinion publique : le gasoil reste massivement subventionné par l’État. « Sans l’intervention de l’État, le prix réel du litre atteindrait environ 450 francs djiboutiens à la pompe », a-t-il affirmé, précisant que la subvention publique représente encore près de 165 francs par litre. Une preuve supplémentaire, selon lui, de l’engagement social du gouvernement.


Dans un souci d’équité et de stabilité, les autorités ont choisi de ne pas modifier les prix des autres carburants. Les tarifs du super et du pétrole lampant restent inchangés, permettant ainsi de ne pas alourdir davantage la facture énergétique des familles les plus modestes.


Par ailleurs, pour limiter l’impact de cette hausse sur les secteurs les plus vulnérables et stratégiques, le ministère de l’Energie a entamé dès mercredi la distribution de coupons de réduction ciblés. Les transporteurs et certaines activités économiques bénéficient déjà de ce dispositif. Les propriétaires de bus et de minibus reçoivent ces aides par l’intermédiaire de leurs syndicats, tandis que les taxis, tricycles, quadricycles et les boulangeries seront également couverts par ce fonds de soutien entièrement financé par l’État.


Le ministre a également tenu à écarter toute inquiétude quant à la disponibilité du carburant. Les réserves nationales d’hydrocarbures, a-t-il précisé, permettent de couvrir la consommation du pays jusqu’à la fin du mois de septembre. De nouvelles cargaisons sont attendues dans les prochaines semaines pour renforcer les stocks stratégiques, garantissant ainsi la continuité de l’activité économique et des services essentiels.


Face à une forte affluence enregistrée ces derniers jours dans plusieurs stations-service, les autorités ont appelé les consommateurs à la plus grande sérénité. « Il n’existe aucune raison objective de se précipiter vers les stations-service », a insisté Dr Djama Mohamed Hassan, dénonçant les comportements de panique qui pourraient créer une pression artificielle sur le marché.


Enfin , le ministre a rappelé que Djibouti, pays de transit et de services, subit les conséquences d’une crise énergétique internationale dont les causes lui échappent largement. Tout en faisant preuve de transparence sur la situation, il a assuré que le gouvernement continuerait de suivre avec vigilance l’évolution des marchés mondiaux afin d’adapter sa réponse et de protéger, dans la mesure du possible, les ménages et les acteurs économiques nationaux.

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