Le Conseil des ministres adopte une série de réformes structurantes pour accélérer la transformation de Djibouti
#Djibouti — La septième réunion du Conseil des ministres, présidée ce mardi par le Président de la République, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, aura marqué un tournant dans la dynamique des réformes engagées par les pouvoirs publics. À travers une série de textes d'envergure, le Gouvernement a posé de nouveaux jalons pour consolider la gouvernance, renforcer l'État de droit et accélérer la transformation économique du pays.
Au centre de cette séance figure l'adoption du troisième Plan national de développement (PND-ADEEG 2025-2030), véritable boussole stratégique appelée à guider les politiques publiques au cours des cinq prochaines années. Autour de ce texte fondateur gravitent plusieurs réformes destinées à moderniser les institutions, améliorer la gestion publique et soutenir les investissements structurants.
Une réponse institutionnelle aux nouveaux défis de la gouvernance
Premier texte examiné, le projet de loi relatif à la prévention et à la lutte contre la corruption vient renforcer un arsenal juridique déjà engagé dans un processus de modernisation.
Cette réforme dépasse le seul cadre répressif. Elle installe une architecture plus complète de prévention, de contrôle et de transparence répondant aux engagements internationaux de Djibouti, notamment ceux découlant de la Convention des Nations unies contre la corruption, tout en intégrant les recommandations issues de l'évaluation conduite par le Groupe d'action financière (GAFI).
Le texte harmonise les différentes infractions jusqu'ici dispersées dans plusieurs lois, renforce les dispositifs d'enquête et améliore la coopération entre les administrations concernées.
Surtout, il élargit les obligations de déclaration de patrimoine, étend les exigences de transparence au secteur privé, aux syndicats et aux organisations de la société civile et consolide les pouvoirs de la Commission nationale indépendante pour la prévention et la lutte contre la corruption.
En dotant cette institution d'un mandat renforcé et d'une gouvernance modernisée, le Gouvernement affirme sa volonté de faire de l'intégrité publique un levier essentiel de la confiance entre les citoyens et les institutions.
Le PND-ADEEG, nouvelle matrice du développement national
Moment fort de cette séance, l'adoption du décret consacrant le Plan national de développement ADEEG 2025-2030 ouvre une nouvelle séquence dans la stratégie de développement du pays.
Après les programmes ICI et SCAPE, ce troisième plan s'inscrit dans la continuité des politiques de transformation engagées depuis plusieurs décennies, tout en intégrant les nouveaux défis qui redessinent l'économie mondiale : transition climatique, révolution numérique, diversification économique, compétitivité et emploi des jeunes.
Le PND-ADEEG repose sur une vision ambitieuse : faire évoluer progressivement l'économie djiboutienne vers un modèle davantage créateur de richesse, d'emplois qualifiés et de valeur ajoutée.
Quatre axes structurent cette stratégie : accélérer la diversification de l'économie, investir dans le capital humain, renforcer la gouvernance publique et améliorer l'environnement des affaires, tout en inscrivant durablement la transition écologique au cœur du développement national.
Les objectifs affichés traduisent cette ambition : une croissance moyenne annuelle de 8,6 %, plus de 6 000 emplois créés chaque année et un programme d'investissements estimé à 1 215 milliards de francs djiboutiens, accompagné d'un dispositif renforcé de suivi et d'évaluation.
Au-delà des chiffres, ce plan fixe une trajectoire destinée à mieux préparer l'économie nationale aux mutations régionales et internationales, tout en consolidant la résilience du pays.
Une gouvernance modernisée pour les entreprises publiques
Dans le prolongement des réformes engagées en matière de gouvernance, le Conseil des ministres a renouvelé le Conseil d'administration de la Cimenterie d'Ali-Sabieh SA.
La nouvelle composition applique les principes du Code de bonne gouvernance des entreprises publiques en intégrant des administrateurs indépendants et en renforçant la présence féminine au sein de l'instance décisionnelle.
Cette évolution traduit la volonté de professionnaliser davantage la gestion des entreprises publiques, en privilégiant les compétences, l'expérience et l'indépendance des administrateurs.
Une justice renforcée par une nouvelle génération de magistrats
Le Conseil a également procédé à la nomination de vingt-deux nouveaux magistrats, accompagnée de leur affectation dans les différentes juridictions du pays.
Ces nominations concernent la Cour suprême, la Cour d'appel, les tribunaux de première instance ainsi que les tribunaux de statut personnel répartis entre Djibouti-ville, Balbala, Dikhil et Obock.
À travers ce renouvellement, les autorités poursuivent le renforcement des capacités de l'institution judiciaire afin d'améliorer la qualité du service public de la justice et de répondre à l'évolution des besoins des juridictions.
Investir aujourd'hui pour accompagner la croissance démographique
Dans le secteur de l'éducation, le Conseil a adopté un arrêté attribuant au ministère de l'Éducation nationale une parcelle de près de 18 000 mètres carrés située à PK12 Nord.
Ce terrain accueillera un futur collège d'enseignement destiné à accompagner l'expansion urbaine de cette zone résidentielle et à répondre à la demande croissante en infrastructures scolaires.
Une diplomatie économique tournée vers l'investissement
Les communications présentées par le ministre de l'Économie ont mis en lumière l'intensité de l'activité diplomatique économique conduite ces dernières semaines.
À Bakou, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement, Djibouti a consolidé son partenariat avec les institutions financières islamiques en signant un accord-cadre de 750 millions de dollars avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC).
Prévu pour la période 2026-2029, cet appui financier accompagnera plusieurs secteurs stratégiques, notamment l'énergie, la sécurité alimentaire, la santé, l'agriculture et le développement du secteur privé.
Dans le prolongement de cette mission, la délégation djiboutienne s'est rendue en Chine où les discussions engagées avec l'EximBank et plusieurs groupes industriels ont porté sur l'alignement du nouveau Plan national de développement avec les orientations du quinzième plan quinquennal chinois.
Les échanges ont également permis d'accélérer les préparatifs du futur Parc industriel vert de Djibouti, appelé à devenir l'un des principaux moteurs de la politique nationale d'industrialisation.
Enfin, le ministre de l'Environnement et du Développement durable est revenu sur la célébration de la Journée mondiale de l'environnement organisée dans la forêt du Day, soulignant que la transition écologique constitue désormais un pilier transversal des politiques publiques et du nouveau modèle de croissance.
Une même cohérence stratégique
Des réformes institutionnelles à la planification économique, en passant par la modernisation de la justice, la gouvernance des entreprises publiques et le renforcement des partenariats internationaux, cette septième séance du Conseil des ministres révèle la cohérence d'une stratégie articulée autour d'un objectif commun : doter Djibouti d'institutions plus performantes, d'une économie plus diversifiée et d'un modèle de développement capable de conjuguer croissance, bonne gouvernance et durabilité.
À travers les décisions entérinées ce mardi, l'Exécutif confirme sa volonté de faire du PND-ADEEG 2025-2030 le socle d'une nouvelle étape de la transformation nationale, fondée sur l'investissement, la modernisation de l'action publique et la préparation de l'avenir.

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