Sécurité maritime : Djibouti, plaque tournante des réponses régionales en mer Rouge
L'Hôtel Ayla a accueilli, ce mercredi 24 juin, la troisième édition du Symposium de Djibouti sur la sécurité maritime. Placée sous le thème « From threats and challenges to regional responses » “ Apporter des réponses régionales aux menaces et défis “, cette rencontre a rassemblé des acteurs du monde diplomatique, militaire, technique, économique et académique, tous engagés sur les questions de sécurité maritime.
La cérémonie d'ouverture a été marquée par les interventions des principaux organisateurs et partenaires. S.E.M. Saïd Nouh Hassan, Ministre de l'Infrastructure et des Équipements, S.E.M. Okochi Akihiro, Ambassadeur du Japon à Djibouti, et S.E.Dr Denisa-Elena Ionete, Ambassadeure de l'Union européenne, ont tour à tour pris la parole pour souligner l'importance de cette rencontre dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires croissants. Une synthèse des discussions de la session préparatoire du 23 juin a ensuite été présentée par M. Hassan Omar Mohamed, Directeur de l'Institut d'Études Diplomatiques, avant qu'une conférence d'ouverture sur le droit maritime international ne soit livrée par le Dr Seta Makoto de l'Université de Waseda.
Les échanges de la matinée ont d'abord porté sur les nouvelles menaces et les nouveaux défis dans le corridor du Bab-el-Mandeb. Sécurité de la navigation, protection des infrastructures maritimes critiques et risques liés à la résurgence de la piraterie ont été au cœur des débats. Des contributions ont également été apportées autour des enjeux portuaires, des infrastructures de télécommunications et des opérations européennes de sécurité maritime.
Un second panel a été consacré au passage des menaces aux opportunités. Les discussions ont porté sur l'économie bleue, les infrastructures portuaires ( avec un éclairage particulier sur le rôle de la Société de Gestion du Terminal Container de Doraleh ) et les liens entre sécurité maritime et développement terrestre. Une manière de rappeler que la mer, si elle est source de risques, est aussi un levier de prospérité pour les nations riveraines.
L'après-midi a été consacrée au développement des capacités et à la coordination nationale et régionale. Les participants ont examiné les besoins des acteurs djiboutiens, les offres d'appui des partenaires, ainsi que les avancées réalisées depuis les précédentes éditions du symposium. Les interventions ont notamment associé les acteurs de la défense, de la marine, des garde-côtes, des partenaires européens, japonais et régionaux, ainsi que les opérations EUNAVFOR ASPIDES et EUNAVFOR ATALANTA.
Un dernier panel a porté sur les mécanismes de coordination existants, le renforcement des architectures nationales de coordination et les pistes vers un cadre opérationnel régional durable. La session conclusive a permis de discuter des projets de recommandations et d'identifier les modalités de suivi, en lien avec le dialogue politique et les programmes de coopération avec l'Union européenne, le Japon et les autres partenaires.
Les échanges ont confirmé une convergence de vues sur l'importance stratégique du Bab-el-Mandeb, la nécessité d'une approche intégrée de la sécurité maritime et le rôle central de la coopération régionale et internationale. Ils ont également mis en évidence le caractère désormais indissociable des dimensions sécuritaires, environnementales, numériques et économiques dans la gestion du domaine maritime, ainsi que l'importance d'une coordination intersectorielle efficace pour répondre à la complexité croissante des défis maritimes contemporains. Il a été recommandé, par ailleurs, qu'il faut être proactif afin d'anticiper sur les menaces pour les contenir, et faire du détroit de Bab-el-Mandeb un espace plus sûr, plus stable et mieux protégé au service de la paix et de la prospérité régionale.
Ce symposium confirme, une fois de plus, le rôle de Djibouti comme acteur central de la sécurité maritime en mer Rouge et dans le golfe d'Aden. Il illustre également l'importance du partenariat entre Djibouti, l'Union européenne et le Japon pour promouvoir la liberté de navigation, le respect du droit international et la coopération régionale face aux menaces et aux défis communs. Une journée de débats qui, au-delà des discours, a tracé les contours d'une ambition partagée : faire de la mer Rouge un espace de stabilité et de prospérité pour toutes les nations qui en bordent les rives.


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