Djibouti – Côte d’Ivoire : un partenariat renforcé contre la corruption

 

Dans la diplomatie contemporaine, les accords les plus déterminants ne portent pas toujours sur les échanges commerciaux ou les questions sécuritaires. Ils se nouent parfois autour d’un enjeu devenu central pour les États africains : la consolidation de la bonne gouvernance. C’est dans cet esprit qu’une délégation de la Commission Nationale Indépendante pour la Prévention et la Lutte contre la Corruption (CNIPLC) de Djibouti a effectué, du 1er au 3 juillet 2026, une mission d’étude en Côte d’Ivoire, ouvrant une nouvelle étape dans la coopération institutionnelle entre les deux pays.



Conduite par la présidente de la CNIPLC, Mme Badria Zakaria Cheik Ibrahim, la délégation comprenait la secrétaire générale, Mme Bilan Ahmed Ragueh, ainsi que le directeur des investigations, M. Hamza Abdi Aden. Les échanges se sont déroulés en présence de l’ambassadeur de la République de Djibouti en Côte d’Ivoire, M. Mohamed Bourhan Ali, dont la présence a souligné la dimension diplomatique de cette visite.


À Abidjan, la délégation djiboutienne a été accueillie par la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), institution de référence en matière de prévention de la corruption en Afrique de l’Ouest. Après un film institutionnel retraçant l’évolution et les missions de la HABG, les deux parties sont rapidement entrées dans le vif du sujet.


Pendant trois jours, experts et responsables des deux institutions ont confronté leurs expériences respectives, dans un dialogue centré sur les outils modernes de gouvernance publique. Les discussions ont notamment porté sur le protocole d’évaluation de conformité des administrations, les mécanismes de notation des organismes publics, les campagnes nationales de sensibilisation, les enquêtes de perception de la corruption ainsi que les instruments institutionnels destinés à promouvoir l’intégrité, la transparence et la redevabilité.


Au-delà des échanges techniques, cette rencontre a surtout permis de mettre en lumière une convergence de visions. Face aux défis que représente la corruption pour le développement économique et la confiance des citoyens, Djibouti et la Côte d’Ivoire entendent privilégier une approche fondée sur la prévention, le renforcement des capacités et l’amélioration continue des institutions publiques.


Dans cette perspective, la délégation djiboutienne a également multiplié les rencontres avec plusieurs acteurs majeurs de l’écosystème ivoirien de la gouvernance. Elle s’est ainsi rendue au Pôle pénal économique et financier, juridiction spécialisée dans la répression des infractions économiques, avant d’échanger avec les responsables de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), convaincus que le secteur privé constitue un partenaire incontournable dans la promotion de l’éthique des affaires.


Ces différentes visites ont permis aux représentants de la CNIPLC d’appréhender l’articulation entre les institutions judiciaires, les organes de contrôle administratif et les acteurs économiques dans la construction d’un dispositif national cohérent de lutte contre la corruption.


L’aboutissement de cette mission est intervenu avec la signature d’un accord de partenariat entre la CNIPLC et la HABG. Plus qu’un simple protocole d’entente, ce document formalise la volonté des deux institutions de bâtir une coopération durable autour d’un programme de travail conjoint. Il prévoit notamment le partage d’expertise, le renforcement des compétences des cadres, l’échange d’informations et le développement d’initiatives communes en matière de prévention et de promotion de la bonne gouvernance.


Pour la CNIPLC, cette mission s’inscrit dans une stratégie plus large d’ouverture sur les expériences africaines les plus abouties. À mesure que les mécanismes de gouvernance deviennent un critère déterminant de crédibilité auprès des partenaires internationaux comme des investisseurs, la coopération entre autorités spécialisées apparaît désormais comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité des politiques publiques.


En choisissant de transformer une simple visite d’étude en un partenariat institutionnel structuré, Djibouti et la Côte d’Ivoire envoient un signal fort : celui d’une coopération africaine fondée sur le partage des compétences, la solidarité entre institutions et la conviction que la bonne gouvernance demeure l’un des principaux moteurs du développement durable du continent









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