La fin de l’ordre mondial : pourquoi le chaos n’a plus besoin de maître
Par Naguib Ali Taher Le monde n’est pas en train de s’effondrer. Il est en train de se défaire, silencieusement, sans qu’aucune puissance ne parvienne ( ni ne cherche véritablement ) à en recoudre les morceaux. Cette analyse s’inscrit dans une réflexion au long cours sur ce que l’on appelle « l’interrègne systémique ». C’est une image qui hante les chancelleries, mais que personne n’ose prononcer à voix haute : l’ordre international ne ressemble plus à un échiquier. Il tient désormais du kaléidoscope : un ensemble de fragments de puissance qui s’entrechoquent, se recomposent et parfois s’annulent, sans jamais produire de figure stable. L’hégémonie américaine, qui a structuré la planète durant trois décennies autour de ses alliances, de son dollar et de ses normes, n’est plus en mesure de produire une cohérence globale. Mais elle n’a pas été remplacée. La Chine monte en puissance, bouscule les équilibres et rivalise avec Washington, sans pour autant proposer une grammaire alternat...