J-3 avant l’investiture : continuer à construire, ensemble

 L’édito de la Chronique de l’Est 



À trois jours de l’investiture du président réélu, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, Djibouti retient son souffle : non pas dans l’incertitude, mais dans une forme de calme lucide. Le moment est important, bien sûr. Mais il ne marque pas une rupture. Il s’inscrit dans une continuité assumée, presque naturelle, celle d’un pays qui a choisi de ne pas se laisser emporter par les turbulences de son environnement.


On a beaucoup parlé du bilan. Et à juste titre. Les transformations sont visibles, les avancées sont réelles, et la stabilité du pays, dans une région souvent secouée, n’a rien d’anodin. Mais s’arrêter au bilan serait une erreur. Ce qui se joue aujourd’hui est plus exigeant : il s’agit de savoir ce que nous faisons de cette base, comment nous allons plus loin, et surtout comment faire en sorte que ce qui a été construit profite davantage à tous.


Lors du lancement de sa campagne, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh avait posé les mots avec simplicité et gravité : dans un contexte régional incertain, la priorité reste la stabilité, et cette stabilité passe par la continuité de l’action. Dit autrement, il ne s’agit pas de tout recommencer, mais de poursuivre, d’améliorer, d’aller au bout des chantiers engagés. C’est une vision qui peut sembler sobre, mais elle est en réalité exigeante. Continuer, ce n’est pas répéter. C’est tenir un cap tout en s’adaptant aux réalités du moment.


Car la vraie question est là : comment faire en sorte que le développement se ressente davantage dans le quotidien des Djiboutiens ? Les infrastructures, les investissements, les grandes orientations ont posé des bases solides. Mais aujourd’hui, l’attente est plus concrète. Elle porte sur l’emploi, sur les opportunités, sur la capacité à vivre dignement de son travail et à se projeter dans l’avenir.




La jeunesse est au cœur de cette attente. Elle est nombreuse, ambitieuse, parfois impatiente ; et c’est normal. Une jeunesse qui ne demande rien est une jeunesse qui a renoncé. À Djibouti, ce n’est pas le cas. Les jeunes veulent participer, entreprendre, exister pleinement dans la dynamique du pays. Il ne suffit plus de parler d’eux ; il faut leur faire de la place. Cela passe par la formation, bien sûr, mais aussi par la confiance, par l’encouragement à l’initiative et par des politiques qui ouvrent réellement des perspectives.



Même exigence pour les femmes. Leur rôle dans la société djiboutienne est déjà immense, souvent discret mais essentiel. Elles portent des familles, des activités, des responsabilités. Le prochain mandat de Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh devra aller plus loin dans leur inclusion réelle, pas seulement dans les discours. Donner plus de place aux femmes, ce n’est pas répondre à une attente extérieure, c’est reconnaître une force déjà là et lui permettre de s’exprimer pleinement.


Au fond, ce nouveau mandat devra réussir un équilibre délicat : préserver ce qui fait la force de Djibouti ( sa stabilité, sa cohérence, sa crédibilité ) tout en répondant à des attentes sociales de plus en plus fortes. C’est là que la notion de continuité prend tout son sens. Elle n’est pas synonyme d’immobilisme. Elle est une manière d’avancer sans se perdre, de construire sans casser, de corriger sans déstabiliser.


Djibouti occupe aussi une place particulière dans la région. Ce n’est pas seulement une question de géographie, c’est une question de positionnement. Le pays est devenu un point de passage, un espace de connexion entre plusieurs mondes. Cette situation est une chance, mais elle exige de la lucidité. Elle impose de rester maître de ses choix, de défendre ses intérêts et de ne pas subir les dynamiques extérieures.


C’est là que la crédibilité internationale de Djibouti prend tout son sens. Elle ne doit pas être perçue comme une fin en soi, mais comme un levier. Un levier pour attirer, pour négocier, pour avancer. Mais au bout du compte, ce qui importe, c’est ce que cela change concrètement pour les Djiboutiens.


Et puis il y a une autre dimension, plus silencieuse mais tout aussi essentielle : l’unité nationale. On en parle souvent, parfois machinalement. Pourtant, elle reste le socle de tout le reste. Dans un pays comme le nôtre, elle est ce qui permet de tenir, de traverser les moments difficiles, de regarder dans la même direction. Elle ne se décrète pas. Elle se construit chaque jour, dans les comportements, dans les décisions, dans le respect mutuel.


À J-3 de l’investiture de Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, il faut donc regarder les choses avec honnêteté. Oui, le pays a avancé. Oui, il dispose d’atouts solides. Mais les attentes sont élevées ; et elles sont légitimes. Le prochain mandat sera jugé moins sur ce qu’il promet que sur ce qu’il change réellement dans la vie des gens.


L’investiture ne sera pas seulement une cérémonie. Elle marquera le début d’une nouvelle étape. Une étape où il faudra aller plus loin, être plus concret, plus proche aussi des préoccupations quotidiennes. Une étape où la parole devra s’accompagner encore davantage d’actions visibles.


Djibouti n’a pas besoin de bouleversements hasardeux. Il a besoin de constance, de lucidité et d’une capacité à ajuster sa trajectoire sans perdre son équilibre. C’est ce qui a fait sa force jusqu’ici. C’est ce qui devra continuer à le guider dans les années à venir, sous l’impulsion de Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh.


Dans trois jours, ce ne sera pas seulement un président qui sera investi. Ce sera une direction qui sera confirmée. À nous tous, collectivement, de faire en sorte qu’elle se traduise par des avancées concrètes, partagées et durables.


Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas seulement de savoir où va Djibouti. Elle est de savoir comment chaque Djiboutien avance avec lui ; et comment, ensemble, nous continuons à construire une nation à la hauteur de ses ambitions.

Commentaires

Anonyme a dit…
Masha Allah cher ami Moustapha cet article synthétise les voeux enfouis de nos populations(toutes tranches d'âge confondue)pour un mandat au service de toutes et tous.
Incha Allah, cette investiture nous l'attendons avec prière et patience car avec patience tout se gagne.I9G A GAGNÉ LES ÉLECTIONS,À NOUS DE LE FAIRE ABOUTIR SES IDÉAUX NOBLES PIUR DJIBOUTI EN MARCHE.
EN TOUTE CONFIANCE NOUS IRONS À BON PORT...
DITES VOUS CE QUE NOUS POUVONS APPORTER AU LIEU DE VOULOIR CE QUE PEUT NOUS APPORTER NOTRE PAYS.CAR LE PAYS NOUS EST DESTINÉ ET DJIBOUTI ATTEND CES FILLES ET FILS.
BIG UP CHER MOUSTAUPHER GAUCHER

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