Djibouti perd un serviteur de l’État, un homme de devoir et de discrétion
Rahimullah Hassan Omar Mohamed Bourhan (1953–2026)
C’est une disparition qui plonge la République Djibouti dans le recueillement. Le ministre de la Défense, chargé des Relations avec le Parlement, Hassan Omar Mohamed Bourhan, s’est éteint à Paris, où il suivait des soins médicaux. Avec lui disparaît l’une des figures les plus expérimentées de l’appareil d’État djiboutien, un homme dont le parcours s’est confondu avec plusieurs décennies de la vie politique et institutionnelle du pays.
Durant près de quatre décennies, Hassan Omar Mohamed Bourhan occupe des fonctions stratégiques au sein de l’administration et du gouvernement. Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation pendant plusieurs années, il est appelé en 2019 à prendre la tête du ministère de la Défense, tout en assumant les Relations avec le Parlement. Cette nomination intervient dans un contexte régional particulièrement sensible, marqué par les crises dans la Corne de l’Afrique, les défis liés à la sécurité maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, ainsi que par la présence de plusieurs bases militaires étrangères sur le territoire djiboutien.
À ce poste, Hassan Omar Mohamed Bourhan s’impose comme un interlocuteur respecté auprès des partenaires internationaux de Djibouti. Sans jamais rechercher la lumière, il représente régulièrement le pays lors de rencontres bilatérales, de forums de défense et de cérémonies militaires. Son action contribue à consolider les partenariats stratégiques de Djibouti, tout en défendant les intérêts nationaux dans un environnement géopolitique parmi les plus complexes au monde.
Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un homme réservé, mesuré dans ses paroles, mais ferme dans ses convictions. Peu enclin aux déclarations spectaculaires, il privilégiait le travail de fond, la concertation et la discrétion. Dans les coulisses du pouvoir comme dans les institutions, il incarnait une forme de stabilité et de continuité.
C’etait également un homme de bon coeur et toujours solidaire avec les djiboutiens quelque soit leur origine.
Au Parlement, où il assurait les relations entre le gouvernement et les députés, il était reconnu pour sa connaissance des dossiers et son sens du dialogue. Cette double responsabilité, à la croisée des questions de défense et du fonctionnement institutionnel, exigeait autant de rigueur que de finesse politique.
La carrière de Hassan Omar Mohamed Bourhan reflète également l’évolution de l’État djiboutien. Il appartient à cette génération de responsables qui ont accompagné les grandes transformations du pays : la modernisation des institutions, le renforcement des capacités des forces armées, l’ouverture de Djibouti à des partenariats internationaux toujours plus nombreux et la consolidation de son rôle stratégique dans la Corne de l’Afrique.
Au-delà des fonctions, beaucoup retiendront le souvenir d’un homme fidèle à ses engagements, profondément attaché à l’unité nationale et au fonctionnement des institutions républicaines. Dans un environnement où la discrétion est souvent le corollaire des responsabilités les plus sensibles, Hassan Omar Mohamed Bourhan aura fait le choix de laisser ses actes parler davantage que ses discours.
Son décès laisse un vide au sein du gouvernement, des Forces armées djiboutiennes et de la classe politique nationale. Il intervient au moment où Djibouti poursuit son ambition de demeurer un pôle de stabilité régionale et un acteur incontournable de la sécurité dans la Corne de l’Afrique.
En cette douloureuse circonstance, La Chronique de l’Est présente ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches, au Président de la République , au Gouvernement, aux Forces armées djiboutiennes ainsi qu’à l’ensemble du peuple djiboutien.
Qu’Allah, le Très Miséricordieux, lui accorde Son pardon, l’accueille dans Son vaste Paradis et apporte patience et réconfort à tous ceux qui le pleurent.
Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un.

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