UNFD : quand la solidarité descend sur le terrain

 De Cheikh Faraf à Markazi, de la nutrition des enfants à l’aide aux réfugiés, l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes (UNFD) s’impose comme un acteur de proximité, au cœur des réalités sociales du pays.


La solidarité, parfois, a un visage très concret.


Un kit nutritionnel remis à une famille. Une couverture pour un réfugié qui vient de tout perdre. Une femme qui apprend à lire. Une autre qui trouve les moyens de lancer une petite activité. Une séance de sensibilisation dans une région de l’intérieur.


C’est là, dans ces gestes simples, loin des grandes formules, que l’action de l’UNFD prend tout son sens.


Présidée par la Première Dame, Mme Kadra Mahamoud Haïd, l’organisation occupe depuis longtemps une place à part dans la vie sociale djiboutienne. Une place qui s’est élargie au fil des années : protection des plus vulnérables, santé, nutrition, autonomisation des femmes, cohésion sociale, alphabétisation, solidarité, accompagnement des familles.


L’UNFD , active dans tous les volets sociaux 

Les dernières semaines l’ont encore rappelé : l’UNFD est présente sur plusieurs fronts à la fois.


À Cheikh Faraf, l’urgence porte un nom : la nutrition


Du 5 au 14 septembre, l’UNFD s’est rendue à Cheikh Faraf, dans la sous-localité de Damerjog, pour une campagne de sensibilisation et de dépistage de la malnutrition.


Les chiffres donnent la mesure de l’enjeu : 254 personnes dépistées, 70 enfants identifiés comme souffrant de malnutrition, dont huit cas sévères.


Avec le soutien financier de Qatar Charity et en collaboration avec le ministère de la Santé, les enfants dépistés ont bénéficié d’intrants nutritionnels pour amorcer leur prise en charge.


Une chose est souvent oubliée : dans la lutte contre la malnutrition, le dépistage précoce peut compter autant que le traitement.


Et pour dépister, il faut aller sur le terrain.


À Markazi, la solidarité change de visage


Quelques jours plus tard, le décor change.


Direction Obock et le camp de Markazi.


Le 17 septembre, une délégation de l’UNFD conduite par sa secrétaire générale, Mme Fatouma Moussa Abdi, y a remis une importante donation destinée aux réfugiés yéménites.


L’initiative, offerte par la Première Dame et présidente de l’UNFD, a bénéficié à 2 799 personnes, soit plus de 700 familles.


Couvertures, nattes, ustensiles de cuisine, vêtements, chaussures, produits d’hygiène : rien de spectaculaire, peut-être. Mais tout ce qui peut rendre un quotidien un peu moins difficile.


Dans un camp de réfugiés, la dignité passe aussi par ces choses-là.


Une couverture. Un vêtement propre. Des produits d’hygiène. Des ustensiles pour préparer un repas.


La géopolitique parle de déplacements de populations. La solidarité, elle, rencontre des personnes.


Des capitales aux régions : le choix de la proximité


Mais l’action de l’UNFD ne s’arrête pas à l’aide humanitaire.


Du 13 au 17 septembre, l’organisation a poursuivi avec le PNUD ses sessions de sensibilisation sur la cohésion sociale et l’autonomisation des femmes.


Arta, Dikhil, Ali-Sabieh, Obock, Tadjourah.


Cinq régions. Plus d’une centaine de femmes sensibilisées.


Le programme aborde le vivre-ensemble, la solidarité, la participation citoyenne et l’autonomisation économique et sociale.


Là encore, le choix du terrain est révélateur.


La politique sociale ne peut pas être pensée uniquement depuis Djibouti-ville. Elle doit aussi atteindre les territoires, les communautés et les femmes qui vivent loin des centres administratifs.


C’est précisément dans cet écart entre les politiques nationales et la réalité quotidienne que les organisations de terrain trouvent leur utilité.


Aider, mais surtout rendre capable


C’est probablement l’évolution la plus intéressante de l’action de l’UNFD.


Aider, certes.


Mais aussi accompagner.


L’alphabétisation, la formation, l’accompagnement administratif, les activités génératrices de revenus, l’information sur les droits, la santé ou encore le développement communautaire répondent à une même logique : permettre aux femmes de disposer de davantage de moyens pour agir sur leur propre situation.


La solidarité n’est alors plus seulement une réponse à la pauvreté.


Elle devient un investissement social.


Une femme qui apprend, qui se forme, qui crée une activité ou qui connaît mieux ses droits ne bénéficie pas seulement à elle-même. Elle renforce aussi la capacité de sa famille et, plus largement, celle de sa communauté.


C’est là que l’action d’une organisation comme l’UNFD prend une dimension qui dépasse le seul cadre associatif.


Une présence qui épouse les priorités sociales du pays


Nutrition. Femmes. Enfance. Réfugiés. Cohésion sociale. Autonomisation.


Les domaines peuvent sembler différents. Ils ont pourtant un point commun : ils concernent les populations les plus exposées aux difficultés économiques et sociales.


L’UNFD agit ainsi à plusieurs niveaux : dans l’urgence lorsqu’une situation l’exige, dans la prévention lorsqu’il faut éviter qu’une difficulté ne s’aggrave, et dans l’accompagnement lorsqu’il s’agit de construire des solutions durables.


Cette continuité donne une cohérence à des actions qui, prises séparément, pourraient apparaître dispersées.


Cheikh Faraf n’est pas Markazi.


Markazi n’est pas Dikhil.


Et Dikhil n’est pas Djibouti-ville.


Mais derrière ces territoires différents, il y a une même réalité : des populations qui ont besoin d’écoute, d’accompagnement et parfois tout simplement d’un coup de main.


La solidarité ne se décrète pas. Elle se pratique.


C’est peut-être finalement ce que racontent le mieux les activités récentes de l’UNFD.


Une organisation qui se déplace. Qui sensibilise. Qui dépiste. Qui accompagne. Qui distribue. Qui forme. Qui crée des passerelles avec les institutions et les partenaires.


Une organisation féminine, certes, mais dont l’action touche bien au-delà des seules femmes.


Car lorsqu’une mère est mieux accompagnée, c’est souvent toute une famille qui en bénéficie.


Lorsqu’un enfant est dépisté à temps, c’est une trajectoire qui peut être préservée.


Lorsqu’une famille réfugiée reçoit les produits essentiels, c’est un peu de dignité qui lui est rendue.


Et lorsqu’une femme acquiert les moyens de devenir économiquement autonome, c’est une nouvelle capacité d’agir qui apparaît.


C’est peut-être cela, au fond, la vocation la plus concrète de l’UNFD : transformer la solidarité en présence, et la présence en action.


À Cheikh Faraf comme à Markazi, dans la capitale comme dans les régions de l’intérieur, cette présence dessine une même ligne : celle d’une solidarité qui ne reste pas dans les discours, mais qui descend sur le terrain.

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