Établissements publics : ce que révèlent les comptes de l’exercice 2025
La 13ᵉ séance du Conseil des ministres, présidée mardi 3 novembre 2026 par le président de la République, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, s’est penchée sur les comptes financiers définitifs de six établissements publics au titre de l’exercice 2025. Les chiffres présentés font apparaître des situations contrastées : des résultats excédentaires pour l’INAP et l’ENEJ, une progression des produits de l’ANEFIP et des équilibres financiers qui restent à consolider pour d’autres organismes. Derrière ces bilans, c’est aussi la question de la gestion des ressources publiques et de l’efficacité des institutions qui se trouve posée.
L’examen des comptes de ces six établissements constitue l’un des principaux points de cette séance. Les situations présentées concernent le Palais du Peuple, l’École nationale d’études judiciaires (ENEJ), l’Office djiboutien de développement de l’énergie géothermique (ODDEG), l’Agence nationale de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelle (ANEFIP), l’Institut national de l’administration publique (INAP) et l’Agence nationale pour la promotion du sport (ANPS).
Parmi les résultats enregistrés en 2025, ceux de l’INAP retiennent particulièrement l’attention. Après avoir terminé l’exercice 2024 sur un déficit de 1,95 million de FDJ, l’Institut affiche cette fois un excédent de 9,19 millions de FDJ. Le redressement est significatif : plus de 11 millions de FDJ d’amélioration en une année. Les produits de l’établissement ont atteint 122,4 millions de FDJ, contre 119 millions en 2024. Ils proviennent principalement de la subvention de l’État, qui s’est élevée à 107,7 millions de FDJ, ainsi que de subventions extérieures destinées à la formation, pour un montant de 12,6 millions.
Cette évolution s’accompagne d’une diminution des dépenses. Les charges sont passées de 121 millions de FDJ en 2024 à 113,2 millions en 2025. Elles comprennent notamment 67,1 millions de charges de personnel et 35,5 millions consacrés aux autres achats externes. L’effectif de l’Institut est également passé de 28 agents à 25 sur la même période. Ces chiffres prennent une dimension particulière lorsqu’on les rapproche des activités menées par l’INAP. Au cours de l’année, l’établissement a poursuivi la formation des nouveaux fonctionnaires, organisé des ateliers et des séminaires à destination des cadres et agents publics et assuré des formations de perfectionnement pour plusieurs personnels ministériels. Ses interventions ont aussi concerné le CHU, le FDED, l’EDD et l’ANT, ainsi que les agents et élus locaux. Autant d’actions qui rappellent la place de la formation dans le renforcement des capacités de l’administration et l’amélioration du service public.
L’École nationale d’études judiciaires présente, elle aussi, un résultat positif. Ses comptes font apparaître un excédent de 3,37 millions de FDJ, pour des produits de 52,35 millions et des charges de 48,98 millions. Les recettes ont légèrement progressé de 0,14 % par rapport à l’exercice précédent. C’est surtout la maîtrise des dépenses qui marque cette année comptable. Les charges sont passées de 63,9 millions de FDJ en 2024 à 49 millions en 2025, soit une baisse de 23,37 %. Les achats et charges externes ont notamment reculé de 30,1 à 11,5 millions de FDJ.
L’ANEFIP affiche, de son côté, une progression de ses produits. Ceux-ci sont passés de 539,7 millions de FDJ en 2024 à 565,2 millions en 2025, soit une hausse de 4,72 %. Les recettes proviennent principalement des cartes et des autorisations de travail. Les charges totales se sont établies à 618,1 millions de FDJ, contre 616 millions l’année précédente, une progression limitée à 0,34 %. Les charges d’exploitation ont augmenté de 3,16 %, pour atteindre 551,2 millions de FDJ. À l’inverse, les dotations aux amortissements ont diminué de 18,12 %, passant de 81,7 à 66,9 millions.
Le communiqué fait également état d’un excédent d’exploitation de 13,9 millions de FDJ, contre 5,4 millions en 2024. Cette évolution mérite d’être relevée pour un organisme dont les missions touchent directement à l’emploi, à la formation et à l’insertion professionnelle. Dans un pays où l’employabilité des jeunes reste un enjeu majeur, le renforcement des capacités de l’Agence constitue un levier important.
Les comptes des trois autres établissements font apparaître des situations plus contrastées. Au Palais du Peuple, les produits ont atteint 400,2 millions de FDJ, contre 367,2 millions en 2024. La subvention de l’État représente 311,5 millions de FDJ, tandis que les prestations de services, notamment la location des salles, ont généré 46,6 millions. Ces dernières recettes sont toutefois en baisse de 16,8 millions par rapport à l’exercice précédent. Dans le même temps, les charges ont sensiblement augmenté, passant de 357,9 à 461,5 millions de FDJ, soit une hausse de 103,5 millions. Les investissements, évalués à 8,5 millions de FDJ, ont notamment porté sur les logiciels, les équipements de bureau et les moyens de transport. Cette évolution souligne l’importance de poursuivre les efforts de maîtrise des dépenses et de valorisation des ressources propres de l’établissement.
La situation de l’ODDEG s’inscrit dans un autre contexte. Ses produits se sont élevés à 291,36 millions de FDJ, tandis que les charges ont atteint 389,35 millions. Les recettes ont reculé de 28,99 % par rapport à 2024, principalement en raison de la diminution de la subvention nationale d’exploitation, réduite de 111,2 millions de FDJ. Les dépenses ont également baissé, de 8,21 %, pour s’établir à 389,4 millions. Le bilan total de l’Office s’établit à 4 065,1 millions de FDJ, contre 4 127 millions en 2024. Les immobilisations nettes représentent 3 764,2 millions et les stocks 222,3 millions de FDJ. Dans un domaine aussi stratégique que la géothermie, ces données doivent aussi être regardées à travers les perspectives de développement de cette ressource énergétique et sa contribution à la souveraineté du pays.
Enfin, l’Agence nationale pour la promotion du sport a enregistré 298,06 millions de FDJ de produits et 315,85 millions de charges. Ses recettes affichent un léger recul de 0,2 %. Elles comprennent notamment 17,1 millions issus des prestations de services, 105 millions de subvention d’exploitation de l’État et 176 millions de produits exceptionnels, essentiellement constitués de la quote-part des subventions d’investissement. Les charges ont, elles aussi, légèrement diminué de 0,2 %, pour s’établir à 315,9 millions de FDJ.
Trois nominations et plusieurs rendez-vous internationaux
Au-delà de l’examen des comptes financiers, le Conseil des ministres a procédé à trois nominations. Mohamed Warsama Dirieh a été nommé président coordinateur national du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP). Moumin Ahmed Cheick devient conseiller technique du Premier ministre, tandis que le Dr Ibrahim Mohamed Dimbio prend la direction générale de l’hôpital régional de Tadjourah « Docteur Bourhan Mohamed Aref ».
La séance a également permis de revenir sur plusieurs rencontres internationales auxquelles Djibouti a pris part ces derniers jours. Le ministre des Affaires étrangères a présenté le rapport de participation au troisième Sommet Russie-Afrique, organisé les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, avec la participation de 48 États africains et de la Fédération de Russie. Dans le prolongement des sommets de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023, cette rencontre a abouti à l’adoption de la Déclaration de Moscou et d’un plan d’action conjoint entre la Commission de l’Union africaine et la Fédération de Russie pour la période 2027-2029. Des textes consacrés à la coopération dans les applications civiles de l’intelligence artificielle et au cadre éthique des technologies numériques émergentes ont également été adoptés.
De son côté, la ministre déléguée chargée des Investissements et du Développement du secteur privé a rendu compte de sa participation au 9ᵉ Forum mondial de l’investissement, tenu du 25 au 27 octobre à Doha. Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs d’avenir, notamment l’intelligence artificielle, le spatial, la culture et le patrimoine. Les échanges ont également permis d’aborder les perspectives de croissance, la création d’emplois, la mobilisation de financements adaptés et le développement de nouveaux partenariats.
Enfin, le ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, a présenté le rapport relatif à la participation de Djibouti à la sixième session ordinaire du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur la communication et les technologies de l’information et de la communication (CTS-CTIC), organisée du 26 au 30 octobre à Libreville, au Gabon.
Au fil des dossiers examinés, cette séance du Conseil des ministres fait ressortir une même préoccupation : améliorer le fonctionnement des institutions, veiller à une utilisation rigoureuse des ressources publiques et maintenir Djibouti dans les dynamiques économiques, technologiques et diplomatiques internationales. Les résultats des établissements publics ne sont pas tous identiques, mais leur examen permet de mesurer les progrès accomplis et les efforts qui restent nécessaires.
C’est dans cette logique que s’inscrit la vision portée par le président Guelleh : faire de la performance de l’administration un véritable moteur du développement national. Car un État moderne ne se mesure pas seulement aux projets qu’il annonce, mais aussi à la capacité de ses institutions à bien gérer, à produire des résultats et à répondre concrètement aux attentes de la population. Une exigence qui rejoint l’ambition de Vision Djibouti 2035 : construire un pays moderne, compétitif et solidaire, où chaque institution contribue pleinement à la transformation du pays.

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