« Une Nation qui croit en sa jeunesse est une Nation qui prépare son avenir » : le cap fixé par le président Guelleh

 À l’occasion de la Journée nationale et africaine de la Jeunesse, célébrée le 1er novembre au Palais du Peuple, le président Ismaïl Omar Guelleh a réaffirmé la place centrale de la jeunesse dans les ambitions de développement du pays. En mettant l’accent sur l’entrepreneuriat, l’accès au financement et l’accompagnement des initiatives individuelles, le chef de l’État a appelé à faire de l’auto-emploi un véritable moteur d’insertion et d’autonomie économique.

Il y a, dans le discours prononcé ce matin par le président de la République, une reconnaissance sans détour des difficultés auxquelles reste confrontée une partie de la jeunesse djiboutienne. Malgré les investissements réalisés dans l’éducation, la formation et les infrastructures universitaires, trouver un emploi demeure un parcours difficile pour de nombreux jeunes, y compris parmi les diplômés. Le chef de l’État n’a pas cherché à éluder cette réalité. Il en a fait, au contraire, le point de départ de son intervention.


S.E.M Ismaïl Omar Guelleh , président de la RDD

C’est dans cet esprit que s’est tenue, au Palais du Peuple, la célébration de la Journée nationale et africaine de la Jeunesse, autour du thème « Du savoir-faire à l’auto-emploi ». La rencontre a réuni des représentants de la jeunesse venus des quartiers de la capitale et des régions de l’intérieur, dans une journée rythmée par les échanges, les débats et les moments de convivialité.


« Je mesure pleinement vos inquiétudes », a déclaré Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, évoquant la situation de jeunes qui, malgré leurs diplômes et leurs compétences, ne parviennent pas toujours à accéder à un emploi. Une difficulté qui, selon lui, « nous interpelle » et « nous oblige », et à laquelle il faut apporter des réponses concrètes et durables.


Le président a ainsi replacé la question de l’emploi dans une réflexion plus large sur les perspectives économiques du pays. Après avoir rappelé les efforts engagés pour développer les infrastructures scolaires et universitaires et renforcer les dispositifs de formation, il a insisté sur la nécessité de mieux faire profiter la jeunesse des retombées de la croissance.


« Notre responsabilité politique est de faire en sorte que la croissance de notre économie se traduise davantage par des emplois et des perspectives pour nos jeunes compatriotes », a-t-il affirmé.


Pour y parvenir, plusieurs chantiers restent à mener : poursuivre les efforts pour attirer les investissements, développer de nouveaux secteurs d’activité et adapter davantage les formations aux besoins de l’économie. Mais le chef de l’État a également voulu mettre l’accent sur une autre voie d’insertion, celle de l’entrepreneuriat.


L’idée est de ne plus considérer les jeunes uniquement comme des demandeurs d’emploi, mais aussi comme des acteurs capables de créer leur propre activité et, à terme, de générer des opportunités pour d’autres.


« Cela exige de faire de l’Esprit d’entreprise un véritable levier d’insertion et d’émancipation de notre jeunesse », a déclaré le président, avant d’encourager les jeunes à croire en leurs capacités, à oser entreprendre et à transformer leurs idées en projets.


Cette ambition doit s’accompagner de mesures concrètes. Le président a annoncé que le Gouvernement poursuivrait le renforcement des mécanismes de financement, des dispositifs d’accompagnement et des incitations destinées aux jeunes entrepreneurs. L’enjeu est de faciliter les premiers pas de ceux qui souhaitent se lancer, mais aussi de donner davantage de chances de réussite aux activités déjà engagées.


Une attention particulière a également été accordée à la situation des jeunes qui travaillent dans l’informel. Beaucoup ont déjà une activité, parfois depuis plusieurs années, mais peinent à la développer faute de moyens ou en raison de démarches administratives contraignantes. Pour eux, la perspective est de pouvoir passer progressivement à des structures économiques mieux organisées et plus durables.


« Notre objectif est de permettre aux jeunes qui travaillent déjà, souvent avec courage et ingéniosité, de faire évoluer leurs activités vers des entreprises structurées et durables », a expliqué le président Guelleh.


La simplification des démarches, l’accès au financement et des mesures incitatives adaptées doivent contribuer à rendre cette évolution possible. Le président a résumé cette orientation par une formule qui donne tout son sens au thème de cette journée : « Nous ne devons pas seulement aider nos jeunes à chercher un emploi ; nous devons aussi leur donner les moyens d’en créer, pour eux-mêmes et pour les autres. »


Les parcours distingués au cours de la cérémonie ont justement permis d’illustrer cette volonté. Trois jeunes ont été récompensés pour leur réussite entrepreneuriale, tandis qu’un prix d’encouragement a été attribué à une quatrième personne.


Ancien élève du Lycée industriel et commercial (LIC), issu de la section électrotechnique, Yacoub Ahmed Ali a appris plusieurs métiers sur le terrain, notamment la climatisation, la plomberie et la maçonnerie. À force d’expérience et de persévérance, il a réussi à se constituer une clientèle fidèle.


À Ardo, Kadiga Burhan, présidente de l’Association communautaire du village, a été distinguée pour son engagement dans l’artisanat féminin. L’association a fait le choix de mutualiser ses moyens, notamment à travers un atelier et des équipements communs, afin de réduire les dépenses et de renforcer les capacités de ses membres.


Le parcours d’Ahmed Nour Mohamed est celui d’un jeune qui a refusé de renoncer après un échec. À la suite de la faillite de sa cafétéria, il a choisi de poursuivre une activité économique en devenant vendeur ambulant.


Un prix d’encouragement a enfin été décerné à Mariam Mohamed Ahmed. Après un long séjour médical en Égypte, cette jeune Djiboutienne s’emploie à relancer, à son domicile, une activité commerciale qu’elle exerçait auparavant en ville.


Ces quatre expériences racontent des histoires différentes, mais se rejoignent sur un point : la volonté de trouver, par le travail et l’initiative personnelle, un chemin vers l’indépendance économique. Elles rappellent aussi que l’entrepreneuriat ne se limite pas aux grandes entreprises ou aux projets ambitieux. Il prend forme dans les métiers techniques, l’artisanat, le commerce de proximité et les initiatives collectives.


La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, M Abdoulkader Kamil Mohamed, de la ministre de la Jeunesse et de la Culture, Mme Fardoussa Moussa Egueh, entourée de ses principaux collaborateurs, ainsi que de la Première Dame et présidente de l’Union nationale des femmes de Djibouti (UNFD), Hajiya Kadra Mahamoud Haid.


Au-delà des célébrations et des distinctions, cette journée aura surtout remis au centre du débat une question essentielle : comment faire en sorte que les efforts consentis dans l’éducation et la formation ouvrent davantage de perspectives aux nouvelles générations ?


Le président de la République n’a d’ailleurs pas présenté les avancées réalisées comme un aboutissement. « Le chemin à parcourir reste encore long », a-t-il reconnu, rappelant que les politiques publiques devaient se traduire par des résultats tangibles dans la vie quotidienne des jeunes.


C’est tout le sens de son appel à faire de l’entrepreneuriat un instrument d’insertion et d’émancipation. Une ambition qui trouve son expression dans les derniers mots de son discours : « Une Nation qui croit en sa jeunesse est une Nation qui prépare son Avenir ». Une conviction qui résume la place accordée aux nouvelles générations dans la construction du Djibouti de demain.











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