Yasmine Abdi , de l’exil hérité à la vigie du cyberespace
Elle n’a pas connu les camps de réfugiés. Elle a grandi avec leurs récits. Les parents de Yasmine ont quitté Somalia il y a trente ans, poussés par l’effondrement de l’État et la violence diffuse. Après des années d’errance et de séjours successifs dans des camps, ils ont posé leurs valises aux États Unis. Cette mémoire familiale, transmise sans pathos mais avec gravité, a façonné le regard de leur fille : très tôt, elle a compris que les institutions ( politiques, sociales ou technologiques ) ont la capacité de protéger ou d’abandonner les plus vulnérables. Curieuse des mécanismes invisibles, elle s’intéresse enfant aux radios, aux téléphones, aux circuits électriques. Comment un message traverse-t-il l’espace ? Comment une voix lointaine surgit-elle d’un petit appareil ? Au lycée, elle choisit les cours d’informatique ; à l’université, elle approfondit les algorithmes, les architectures systèmes et le développement logiciel. Son but n’est pas la célébrité mais la compréhension ; puis...