UNESCO : l’Égyptien Khaled el-Enany élu nouveau directeur général
Le Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a élu, lundi, l’Égyptien Khaled el-Enany au poste de directeur général pour un mandat de quatre ans.
Selon la présidente du Conseil, Vera El Khoury Lacoeuilhe, le candidat égyptien a recueilli 55 voix sur 57, contre deux seulement pour son concurrent congolais Firmin Édouard Matoko, ancien sous-directeur général chargé de la priorité Afrique.
Cette élection, largement saluée au sein des délégations africaines, doit encore être confirmée en novembre par la Conférence générale de l’UNESCO, étape formelle avant la prise de fonction officielle prévue en janvier 2026.
Une première pour le monde arabe et un tournant pour l’Afrique
Âgé de 54 ans, Khaled el-Enany est un professeur d’égyptologie et ancien ministre des Antiquités et du Tourisme d’Égypte (2016–2022). Il devient ainsi le premier Arabe et le deuxième Africain à diriger l’organisation depuis sa création en 1945.
Sa candidature, portée par l’Union africaine et soutenue par la Ligue des États arabes, s’inscrivait dans une dynamique de renforcement de la représentation du Sud global au sein des institutions internationales.
« C’est une victoire du continent africain et du monde arabe, une reconnaissance de notre contribution au patrimoine universel », a réagi un diplomate africain à Paris.
Lors de sa campagne, Khaled el-Enany a défendu une vision axée sur une UNESCO “au service des peuples”, plus inclusive et moins politisée, mettant l’accent sur la protection du patrimoine mondial, le développement de l’éducation et la valorisation des cultures locales.
Il a également plaidé pour un dialogue renforcé entre les États membres afin de restaurer la confiance et d’assurer la continuité des programmes éducatifs et scientifiques dans un contexte mondial marqué par les crises et les inégalités.
Des défis majeurs à relever
Le nouveau directeur général prend les rênes d’une organisation confrontée à plusieurs défis : situation budgétaire fragile, tensions géopolitiques entre États membres et besoin d’adaptation aux transformations numériques.
Sous la direction de la Française Audrey Azoulay (2017–2025), l’UNESCO avait entrepris des réformes pour stabiliser son budget et renforcer son rôle dans la sauvegarde du patrimoine culturel menacé.
Khaled el-Enany devra poursuivre ces efforts tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour les pays en développement.
De nombreuses capitales africaines ont salué cette élection comme un symbole de confiance et de renouveau.
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a évoqué une « victoire diplomatique pour l’Afrique et le monde arabe », soulignant que le nouveau directeur général « portera une vision équilibrée, ancrée dans la coopération internationale et la valorisation des savoirs partagés ».
Basée à Paris, l’UNESCO regroupe aujourd’hui 194 États membres et œuvre pour la promotion de l’éducation, des sciences, de la culture et de la communication.
L’élection de Khaled el-Enany marque une étape symbolique pour le multilatéralisme culturel, illustrant la volonté croissante de voir les pays du Sud occuper des postes de leadership dans les grandes instances internationales.

Commentaires