Le nouveau cap économique de Djibouti séduit les investisseurs chinois

 

Djibouti entend franchir une nouvelle étape dans son partenariat stratégique avec la Chine. En présentant lundi à Pékin une ambitieuse feuille de route industrielle devant les dirigeants de grandes entreprises chinoises, le ministre de l'Économie et des Finances chargé de l'Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, a clairement affiché les nouvelles priorités du pays : attirer davantage d'investissements productifs, développer une base industrielle compétitive et positionner Djibouti comme un hub régional de l'innovation et de l'exportation.



Au siège de la Banque d'import-export de Chine (China Exim Bank), le ministre djiboutien a exposé la vision portée par les autorités nationales pour transformer les acquis des dernières années en un véritable moteur d'industrialisation. Face à un auditoire composé de décideurs économiques et d'investisseurs chinois, il a plaidé pour un approfondissement du partenariat économique entre les deux pays, qualifié de « nouvelle étape » dans les relations bilatérales.


Cette stratégie repose sur plusieurs secteurs considérés comme prioritaires. Djibouti mise notamment sur le développement de parcs industriels verts, l'exploitation à plus forte valeur ajoutée de ses importantes ressources salinières, l'assemblage industriel, l'industrie manufacturière légère ainsi que la transformation agroalimentaire et halieutique destinée aux marchés régionaux.


Au-delà des industries traditionnelles, les autorités affichent également des ambitions dans les domaines des technologies avancées. Le gouvernement souhaite faire émerger un écosystème dédié à l'intelligence artificielle, à l'innovation numérique et aux partenariats technologiques, dans l'objectif de diversifier l'économie nationale et de renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux.


« Les opportunités qui s'offrent à nous sont considérables », a souligné M Ilyas Moussa Dawaleh, exprimant son optimisme quant aux perspectives offertes par la coopération industrielle sino-djiboutienne et à sa capacité à générer une croissance mutuellement bénéfique.


Cette initiative s'inscrit dans la continuité d'une relation économique devenue centrale pour Djibouti. Au cours de la dernière décennie, la Chine a contribué au financement de plusieurs infrastructures structurantes, notamment dans les secteurs portuaire, ferroviaire et énergétique. Ces investissements ont permis au pays de renforcer son rôle de plateforme logistique majeure à l'entrée de la mer Rouge.


L'enjeu, désormais, est de transformer cet avantage géostratégique en puissance industrielle. Pour les autorités djiboutiennes, l'objectif est clair : passer d'une économie principalement fondée sur les services et la logistique à un modèle davantage tourné vers la production, la transformation et les exportations.


À Pékin, le message adressé aux investisseurs chinois était sans ambiguïté : Djibouti souhaite devenir une destination privilégiée pour les capitaux industriels cherchant à accéder aux marchés africains, moyen-orientaux et au-delà. Une ambition qui traduit la volonté du pays de s'inscrire pleinement dans les nouvelles dynamiques économiques régionales et mondiales.





Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Entretien téléphonique entre les présidents Guelleh et Macron

FAJO 2025 : Quand l’Afrique parle à l’Afrique des enjeux de gouvernance juridique et de souveraineté numérique.

Djibouti célèbre l'inscription de la "Zaffa", son 3e patrimoine culturel immatériel, à l'UNESCO