À Addis-Abeba, Djibouti au cœur des grands arbitrages de l’Union africaine
Addis-Abeba. 28 Juillet - C’est dans un contexte international marqué par les crises géopolitiques, les défis sécuritaires et les incertitudes économiques que l’Union africaine a ouvert, ce lundi 28 juillet, les travaux de la 49ᵉ session ordinaire de son Conseil exécutif. Pendant deux jours, les ministres des Affaires étrangères des 54 États membres sont appelés à examiner les dossiers qui orienteront les priorités politiques et financières de l’organisation pour les mois à venir.
Parmi les délégations présentes figure celle de Djibouti, représentée par son ambassadeur en Éthiopie et représentant permanent auprès de l’Union africaine, Son Excellence Abdi Mohamoud Eybe, qui prend part aux travaux au nom du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, S.E. Abdoulkader Houssein Omar.
Cette session revêt une résonance particulière pour Djibouti. Un an après l’élection de S.E Mahmoud Ali Youssouf à la présidence de la Commission de l’Union africaine, le pays voit sa présence au sein des institutions panafricaines s’affirmer davantage. Cette évolution illustre la montée en puissance d’une diplomatie qui, au fil des années, a su gagner en crédibilité et en influence sur les grands dossiers africains.
Dans son allocution inaugurale, le président de la Commission de l’Union africaine a donné le ton des débats. Après avoir souhaité la bienvenue aux ministres des Affaires étrangères, aux membres du Comité des représentants permanents (COREP), aux commissaires de l’Union africaine et aux secrétaires exécutifs des Communautés économiques régionales, il a félicité le ministre burundais des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, Édouard Bizimana, pour son accession à la présidence du Conseil exécutif.
Mais c’est surtout le diagnostic dressé par Mahmoud Ali Youssouf qui a retenu l’attention. Le continent, a-t-il souligné, évolue dans un environnement international de plus en plus imprévisible. Les tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, les bouleversements des chaînes d’approvisionnement mondiales et les répercussions économiques des rivalités géopolitiques imposent à l’Afrique de renforcer sa capacité d’anticipation et de coordination.
La sécurité demeure un autre chantier majeur. Face à la progression du terrorisme et de l’extrémisme violent dans plusieurs régions du continent, le président de la Commission a renouvelé l’engagement de l’Union africaine aux côtés des États membres. Évoquant ses récentes missions dans les pays du Sahel, il a insisté sur la nécessité d’une réponse collective capable d’allier sécurité, développement et stabilité institutionnelle.
Les ministres se penchent également sur les enjeux sanitaires, à commencer par la riposte à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Mahmoud Ali Youssouf a réaffirmé la solidarité de l’organisation avec les autorités congolaises et salué le travail du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), désormais au cœur de l’architecture sanitaire continentale.
Au-delà de ces urgences, la session est aussi tournée vers l’avenir. Les discussions portent sur la mise en œuvre de l’Agenda 2063, la poursuite des réformes administratives de la Commission, le renforcement de la gouvernance, l’examen des candidatures africaines aux organisations internationales ainsi que l’adoption du budget 2027. Pour le président de la Commission, la concrétisation des ambitions continentales passe par une mobilisation accrue des ressources financières, mais également par une administration plus performante, plus transparente et davantage orientée vers les résultats.
Les recommandations qui sortiront de cette 49ᵉ session seront soumises aux chefs d’État et de gouvernement lors des prochaines échéances de l’Union africaine et contribueront à définir les orientations de l’organisation pour les années à venir.
Pour Djibouti, cette participation dépasse le cadre protocolaire. Elle traduit la constance d’une politique étrangère qui privilégie le dialogue, le multilatéralisme et la recherche de solutions africaines aux défis africains. L’accession d’un diplomate djiboutien à la présidence de la Commission de l’Union africaine ne relève pas du hasard. Elle est l’aboutissement d’une stratégie diplomatique conduite avec constance par le président Son Excellence M. Ismaïl Omar Guelleh, dont la vision a progressivement hissé Djibouti parmi les voix qui comptent sur la scène continentale. En faisant de la stabilité, de la concertation régionale et de l’engagement africain les piliers de son action extérieure, le chef de l’État a permis à la diplomatie djiboutienne de franchir un nouveau palier, jusqu’à s’imposer aujourd’hui comme un acteur influent dans les grands équilibres institutionnels de l’Union africaine.

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