Djibouti mise sur de nouveaux leviers de financement pour accélérer sa transformation économique

 Djibouti a dévoilé, ce mercredi, le Rapport Pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), une étude qui dresse un état des lieux de l’économie nationale et esquisse les pistes à privilégier pour financer durablement son développement dans un contexte international de plus en plus incertain.

La cérémonie, présidée par le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, a réuni un large éventail d’acteurs : responsables gouvernementaux, partenaires techniques et financiers, représentants des institutions publiques, du secteur privé, des organisations internationales, du monde universitaire, de la société civile et des médias.



Le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies à Djibouti, M. José Barahona, ainsi que M. Ali Daoud, représentant de la Banque centrale de Djibouti, ont pris part aux travaux. En visioconférence, M. Guy Blaise Nkamleu, économiste en chef de la Banque africaine de développement, a apporté son éclairage sur les profondes mutations économiques qui redessinent aujourd’hui le paysage africain.


La présentation du rapport a été assurée par M. Malik Mohamed Garad, économiste-pays de la BAD à Djibouti. Au fil de son intervention, il est revenu sur les performances récentes de l’économie djiboutienne, les perspectives de croissance à moyen terme et les réformes jugées essentielles pour renforcer la capacité du pays à faire face aux incertitudes de l’économie mondiale.


Intitulé « Mobiliser le financement du développement à grande échelle de Djibouti dans un monde fragmenté », le rapport met l’accent sur la nécessité de diversifier les sources de financement afin de soutenir les ambitions de développement du pays. Pour la BAD, les tensions géopolitiques, le ralentissement des investissements internationaux et les contraintes budgétaires qui pèsent sur de nombreux États imposent de repenser les modes de mobilisation des ressources.


L’institution estime néanmoins que Djibouti dispose d’atouts solides. Sa position stratégique au carrefour des grandes routes maritimes, la qualité de ses infrastructures portuaires et logistiques ainsi que son rôle grandissant de plateforme régionale de commerce et de services constituent des avantages compétitifs de premier ordre. Autant de facteurs susceptibles d’attirer davantage d’investissements et de soutenir une croissance durable.


Le rapport souligne toutefois que ce potentiel ne pourra être pleinement exploité qu’au prix d’efforts soutenus. Cela passe notamment par une meilleure mobilisation des ressources nationales, un secteur privé plus dynamique, le développement de mécanismes de financement innovants et un renforcement des partenariats avec les institutions financières internationales.


Au-delà de la présentation du document, cette rencontre a surtout permis d’ouvrir un dialogue entre les autorités publiques, les bailleurs de fonds, les investisseurs et les représentants de la société civile sur les moyens d’accélérer la transformation économique de Djibouti.


À travers ce rapport, la Banque africaine de développement réaffirme enfin son engagement à accompagner le pays dans la mise en œuvre de politiques favorisant une croissance plus inclusive, créatrice d’emplois et mieux armée face aux chocs extérieurs. Dans un environnement mondial en pleine recomposition, la question du financement du développement apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique pour l’avenir de Djibouti.

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