Golan : Djibouti condamne la reconnaissance colombienne de la souveraineté israélienne

 Djibouti réagit fermement au changement de position de Bogota sur le plateau du Golan. Dans un communiqué publié mercredi 12 août, le ministère djiboutien des Affaires étrangères condamne la décision du gouvernement colombien de reconnaître la souveraineté israélienne sur ce territoire syrien occupé. Pour Djibouti, cette décision remet directement en cause des principes fondamentaux du droit international.

La position colombienne intervient sur un dossier qui reste l’un des contentieux territoriaux les plus sensibles du Moyen-Orient. En reconnaissant la souveraineté israélienne sur le Golan occupé, le gouvernement de Bogota rompt avec la position défendue jusqu’ici par une grande partie de la communauté internationale. La décision a déjà provoqué plusieurs réactions dans la région, alors que la Syrie a saisi les Nations unies pour la contester.



Pour Djibouti, cette reconnaissance ne change toutefois rien au statut juridique du territoire. Le ministère des Affaires étrangères rappelle que l’acquisition de territoires par la force est contraire au droit international. Il dénonce surtout une décision qui pourrait, selon lui, contribuer à consacrer une logique de « fait accompli ».


Djibouti invoque la résolution 497 du Conseil de sécurité


L’argumentaire djiboutien s’appuie notamment sur la résolution 497 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l’unanimité le 17 décembre 1981. Cette résolution avait déclaré « nulle et non avenue » la décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration au Golan syrien occupé, et demandé à l’État hébreu de revenir sur cette mesure.


Dans ce contexte, Djibouti considère que la reconnaissance colombienne entre en contradiction avec le cadre juridique établi par les Nations unies. Le communiqué rappelle également que le Conseil de sécurité a réaffirmé à plusieurs reprises le principe selon lequel l’acquisition d’un territoire par la force est inadmissible, conformément aux principes de la Charte des Nations unies.


Pour la diplomatie djiboutienne, la décision de Bogota ne peut donc, à elle seule, modifier le statut international du Golan. Celui-ci demeure, dans le cadre des positions pertinentes des Nations unies, un territoire syrien occupé.


Une décision jugée préjudiciable à la stabilité régionale


Djibouti ne limite pas sa réaction à l’aspect juridique. Le ministère met également en garde contre les conséquences politiques d’une telle reconnaissance.


Selon la diplomatie djiboutienne, les prises de position qui pourraient légitimer des changements territoriaux obtenus par la force risquent de renforcer la logique du fait accompli, au lieu de contribuer à la recherche d’une paix juste et durable au Moyen-Orient.


Cette lecture rejoint les réactions exprimées par plusieurs capitales après l’annonce colombienne. L’Union européenne a notamment maintenu sa position de non-reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan syrien occupé, tandis que plusieurs États arabes ont également condamné la décision de Bogota.


Pour Djibouti, l’enjeu dépasse ainsi le seul différend entre Israël et la Syrie. Il touche à un principe plus large : la préservation de l’ordre juridique international et le refus de voir le statut d’un territoire modifié par la force.


Une position réaffirmée au nom du droit international


En rappelant que le Golan demeure un territoire arabe syrien sous occupation, Djibouti inscrit cette réaction dans la continuité de sa position en faveur du respect des résolutions des Nations unies et du droit international.


Le communiqué souligne également qu’une décision unilatérale visant à modifier le statut juridique, le caractère géographique ou la composition démographique du territoire ne saurait lui conférer une nouvelle légitimité. Pour Djibouti, une reconnaissance extérieure ne peut donc pas modifier les conséquences juridiques attachées à l’occupation israélienne.


À travers cette déclaration, la République de Djibouti réaffirme finalement un principe qu’elle considère comme essentiel : le droit international ne peut être appliqué à géométrie variable. Dans un Moyen-Orient toujours marqué par de profonds rapports de force, Djibouti estime que le statut du Golan doit rester encadré par les résolutions pertinentes des Nations unies et ne peut être modifié par une reconnaissance unilatérale.

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